lundi 2 septembre 2019

Question de vocabulaire et de géographie... Mantelet, casaquin, habit de femme, tous synonymes?



Bonjour!

L'importance des mots... et de leur signification.

Dans mon article sur la ''tuque de voyageur'' j'ai cité  Jean-Baptiste d'Aleyrac, un officier français qui servit en Nouvelle-France durant la guerre de Sept Ans de 1755 à 1760. Je remets ici sa citation:

« Il n'y a pas de patois dans ce pays. Tous les Canadiens parlent un français pareil au nôtre. Hormis quelques mots qui leur sont particuliers, empruntés d'ordinaire au langage des matelots, comme amarer pour attacher, hâler pour tirer non seulement une corde mais quelque autre chose. Ils en ont forgé quelques-uns comme une tuque ou une fourole pour dire un bonnet de laine rouge (dont ils se servent couramment). Ils disent une poche pour un sac, un mantelet pour un casaquin sans pli (habillement ordinaire des femmes et des filles), une rafale pour beaucoup de vent, de pluie ou de neige; tanné au lieu d'ennuyé, chômer pour ne manquer de rien; la relevée pour l'après-midi; chance pour bonheur; miette pour moment; paré pour être prêt à. L'expression la plus ordinaire est : de valeur, pour signifier qu'une chose est pénible à faire ou trop fâcheuse. Ils ont pris cette expression aux sauvages. »

Vous aurez deviné, ce que je veux mettre en évidence c'est les mots mantelet et casaquin. Au Canada, au 18ième, le mantelet désigne l'habit ordinaire des femmes. Les mots habits de femme et mantelets (avec les jupons, bien entendus) sont ceux qui reviennent le plus souvent pour les vêtements féminins dans les inventaires que j'ai vu.

Inventaire du Navire du Roy le Chameau: l'avant-dernier item nommé est un ''habit de femme de ... gris sans doublure''
tiré de État des effets et marchandises provenant du naufrage du navire du Roy le Chameau.







Beaucoup d'archives en Nouvelle-France parle plutôt de mantelet:


Extrait de:





Le problème c'est qu'en France à la même époque, le mot mantelet désigne une petite cape pour femme, tel que décrit dans L'art du Tailleur de M. de Garsault.




Description textuelle et visuelle du mantelet par M. de Garsault
tiré de L'Art du Tailleur, 1769




Dans le même ouvrage, M. de Garsault, pour désigner le vêtement nommé mantelet par les Canadiens, ne parle pas non plus de casaquin comme M. d'Aleyrac. Il parle de juste, qui serait un diminutif de justaucorps.




Description textuelle et visuelle du juste par M. de Garsault
tiré de L'Art du Tailleur, 1769




Nous avons donc un même mot qui désigne une pièce de vêtement féminine différente selon l'aire géographique.

Pour résumer en France, on dit casaquin ou juste pour l'habit de femme et mantelet pour la petite cape.
En Nouvelle-France, on dit mantelet pour l'habit de femme et capote pour la petite cape.

Une vrai pagaille de vocabulaire!


(Pour ceux dont la concupiscence occupe l'esprit, plusieurs mots au 18ième siècle désignent les préservatifs, mon préféré est la redingote anglaise. Je n'ai pas vu de capote pour désigner cet objet dans les sources)



Un mantelet canadien; un casaquin ou juste français
La fontaine, 1733 par Jean Siméon Chardin ( je n'ai pas trouvé le musée)

Mise à jour 2019-09-21: Cette peinture se trouve au musée Tolédo
Merci à Monique Picard pour l'information






Deux mantelets français; deux capotes canadiennes
La toilette du matin de Jean-Baptiste Siméon Chardin
vers 1740
Musée National des Beaux-Arts de Suède, Stockholm




Vous voyez bien que sans le premier extrait que j'ai cité de l'officier français d'Aleyrac, il est très facile de prendre des vessie pour des lanternes... Imaginez qu'une institution muséale fasse cette erreur et la partage avec le public. Qu'on présente les femmes de la Nouvelle-France comme des personnes ne portant que des petites capes, sans rien pour vraiment recouvrir le corset ou le corps baleiné! Il parait que c'est arrivé pour un musée qui fait de l'histoire vivante, que pendant quelques années les femmes portaient chemise, corset et mantelet, c'est tout! Puisque c'est une rumeur, je tairais le nom du musée en question. Preuve que la recherche n'est jamais vraiment terminée!

Petite digression sur les chemises
Il est de la décence en Nouvelle-France de recouvrir sa chemise. Au 18ième siècle, être vu en chemise équivaut à la même pudeur que d'être vu tout nu. En effet, les anecdotes des sources tendent à spécifier: il a paru nu en chemise, ou bien, il a paru nu sans chemise. D'ailleurs, un dicton de l'époque parle de ''cul et chemise'' pour deux personnes ou choses inséparables.

En imagerie médicale, pour les radiographies, il y a un dicton qui dit: ''one view is no view''. Cela signifie que pour avoir une idée de la fracture de l'os, il faut au minimum avoir deux plans de vision pour savoir si les structures ont été atteinte ou non. J'aimerais modifier ce dicton pour l'appliquer à l'histoire: une source c'est bien, deux c'est mieux... Mais plusieurs c'est meilleur! N'utiliser qu'une source pour documenter la pratique d'une époque doit se faire avec jugement car il y a plusieurs biais possible. Identifier ces biais fait parti du travail d'historien: qui est l'auteur, quel est son intention en fabriquant ce document, qui était le lecteur désigné, est-ce que les même lois s'appliquent en ville qu'à la campagne, etc. En fait, identifier les biais possible fait parti du travail de tout scientifique, peu importe la science étudiée!

Même si les ex-votos retrouvés de la période de la Nouvelle-France tendent à prouver que les Canadiens s'habillaient comme les Français de la même période, il est possible qu'il y ait eu des différences, tant dans le niveau lexical, comme je viens de le montrer avec le mantelet, que dans la coupe des vêtements. Certaines de ces différences sont notées dans les récits des voyageurs. Pehr Kalm, parmi tant d'autres visiteurs de la Nouvelle-France, note que les jupons sont plus courts (estimé à la mi-tibia) pour les Canadiennes par rapport aux Européennes.

Voilà, je voulais partager en détails les mots de vocabulaires désignant les habits communs de femme au 18ième siècle. J'espère que vous avez apprécié!




Mlle Canadienne

dimanche 1 septembre 2019

Conference at the New France Festival 2019 and more informations about French Perruke Maker

Hello,

Better late than never, I presented a conference about men hair during the 18th century with my boyfriend ( and historian) Michel Thévenin. If you want to see parts of it he published an article about it on his blog.

During our presentation in the New France Festival
August 3th, 2019


We had a lot of good feedback and I want to thank people who went to see and hear us.



Here is a little bonus of information about the French Perruke maker that we did not really talk about during the presentation.

If the subject is interesting to you, you can read theses articles I made about perruke makers: What you can do as a perruke maker? and the one I made with the help of the historian Sophie Imbeault about perruke maker in New France (also about '' L'affaire du Canada'' and the differents papers of money)







Did wig were made in New France during 18th century? 


We did not find direct proof that perruke maker were making wigs during 18th century. But the money that the perruke maker are asking back in change letters and letters of ordonnance in 1763-1764 ( between 210 and 4229 livres by wig maker) make us suppose that they were making the most expensive object they were allowed to make.

To compare the salary of the time, according to the exposition ''Paris en vitrine, les boutiques au 18ième siècle'' made by Steward Museum in 2018, a female domestic earns about 24 to 33 livres by year, a carter about 54 à 66 livres and a stable boy between 60 to 66 livres by year.

According to the exposition ''Noblesse oblige! Life of a Château in the 18th century''  of Château de Prangin, a National Museum of Switzerland a man domestic earns about 30 livres by semester so about 60 livres by year. The salary seams to look alike for the Parisian area than the country side (Prangins, if now in the Switzerland were consirered as a country side of France during the 18th century).


It is easier now to compare the annual salary of a male domestic, about 60 livres to the money asked by the wig maker named Larche of Montréal of 4229 livres. I really think that he was making the most lucrative activity: making wigs.



Little anecdote about a wig maker during the Seven Years War


During the notorious battle of the Plains of Abraham the 13th September of 1750, the young officer Louis-Antoine de Bougainville, who was based in Cap-Rouge, would have been alerted by a wig maker that the English were attacking. Who was he, where did he live, the History only remembers his trade...




Battle between two trades (at least in Paris) 
You should not confuse coiffeur (hairdresser) and perruquier (wig maker)

The Perruke Maker trade was invented to follow the fashion of the King Louis XIII. This king was very proud of his thick, large, long dark hair. Unfortunately for him, he lost his hair after being really sick. He decided to wear false hair to regain his lost capillary proudness. According to L'art du Perruquier de M. de Garsault (1767),  only wig makers are allowed to manipulate hair of both sexe. This includes barber shaving, hair cutting and placement and wig making.

It looks like French wig makers did neglect the woman because during the beginning of the 18th century another trade appear more or less legally: the coiffeur (hairdresser). In 18th century minds a coiffeur can only touches lady's hair. Remember that Wig makers are supposed to cut man and woman hair if they are not wearing a wig. In the 1760's and even a little before the woman hair fashion is changing quickly with more and more elaboration. Wig maker begins to understand that woman will make them earn more money in the future so they want to keep this clientele for themself and try to ban the coiffeurs (hairdressers). Inside the chapter about woman hair and wigs inside the ''Art du Perruquier'' of M. de Garsault write that people that arrange and cut woman hair, calling themself ''coeffeurs'' (hairdressers) are risking jail if they are not officially listed into the wig maker corporation because only wig makers are allowed to cut and arrange hair of both sexes!


An answer is published two years later into a booklet of 16 pages in 1769: L'art des coeffeurs de dames contre le méchanisme des perruquiers, poème. It is a long poem and the disaccord between wig maker (perruquier) and hairdresser (coiffeur) is obvious. The hairdresser beg the women to not let their hair to the wiggle brood (engeance perruquière) because they are not as artist as the hairdresser... It is hard to all translate but words are hard against the perruke maker.

During the 1760's it is clear that woman hairdressing is about to change into something more extravagant. Man wigs gradually declines during the second half of the 18th century so wig makers may have seen woman as a growing money income. The well known queen Marie-Antoinette will use creativity for her hairdressing during all her reign. During the 1770's the female hardressing and female wigs will definitely mark the representation of the 18th century until today. So the quarrel between coiffeurs (hairdressers) and perruquiers ( wig makers) on who can (and who can not) dress woman hair in 1767-1769 was having real issues for both of the trades and it was not futile.   

To have a visual overview of the evolution of woman hairdressing, here are three portraits of Marie-Antoinette, queen of France made at different ages.


Portrait of 1769 by Joseph Ducreux
Hair has began to elevate itself compared to the1740-1750's

Portrait of 1775 by Jean-Baptiste André Gautier-Dagoty
Maximal height period with a new accessory: the ''pouf'''...


Portrait of 1783 by Elisabeth Vigée-Lebrun,
The hair has lost the height, it is more large and puffy.






Wigs in New France Inventories

Lastly, a word to mentions that two of the inventories of New France replicated in the '' lexique illustré de la Nouvelle-France 1740-1760 ''par Suzanne et André Gousse are containing wigs, . Suzanne Gousse is also the principal creator behind the pattern brand La Fleur de Lyse.


Here are the littles details I wanted to share about the wig makers in New France. I hope you liked id.


Mlle Canadienne



dimanche 18 août 2019

Fêtes de la Nouvelle-France 2019, et quelques approfondissements par rapport à la conférence sur la mode capillaire masculine


Bonjour,

Avec un peu de retard, j'aimerais revenir sur les Fêtes de la Nouvelle-France 2019. J'y ai présenté une conférence le samedi 3 août sur la chevelure masculine au 18ième siècle avec mon conjoint (et historien) Michel Thévenin. D'ailleurs, si vous voulez en voir quelques extraits, je vous invite à lire son article sur le sujet.

Durant la présentation aux Fêtes de la Nouvelle-France
3 août 2019


Nous avons eu plusieurs commentaires positifs et j'aimerais remercier les gens qui se sont déplacés pour venir nous voir et nous entendre.



J'aimerais ici faire un petit supplément d'informations par rapport a notre conférence.

Je vous invite à relire mon article sur les droits de pratiques du perruquier ainsi que celui fait avec l'aide de l'historienne Sophie Imbeault sur les perruquiers en Nouvelle-France (et accessoirement sur l'affaire des papiers du Canada).




Faisait-on des perruques au Canada au 18ième siècle?

Nous n'avons pas trouvé d'évidences directes que les perruquiers fabriquaient des perruques au 18ième siècle. Par contre, les sommes réclamées en lettres de change et papiers d'ordonnances par les perruquiers en 1763-1764 nous laisse à penser que oui, soit entre 210 et 4299 livres par perruquier.

À titre de comparaison, selon l'exposition du Musée Steward de 2018 ''Paris en vitrine, les boutiques au 18ième siècle'', le salaire annuel d'une servante varie entre 24 à 33 livres, celui d'un charretier entre 54 à 66 livres et celui d'un garçon d'écurie entre 60 à 66 livres.

Selon l'exposition ''Noblesse oblige!, la vie de château au dix-huitième siècle'' du Château de Prangins, musée national Suisse, un domestique gagne en moyenne 30 livres par semestre, donc 60 livres annuellement. Le salaire est donc sensiblement le même pour un domestique à Paris qu'en région (Prangin est au bord du lac Léman actuellement en Suisse, anciennement considéré en France à l'époque qui m'intéresse).

Lorsque je compare le salaire annuel d'un domestique, environ 60 livre par an avec les sommes réclamées par le perruquier Larche de Montréal de 4299 livres, je crois qu'il pratiquait l'activité la plus lucrative des perruquiers soit faire des perruques.




Petite anecdote perruquière au coeur de la guerre de sept ans

Lors de la fameuse bataille des Plaines d'Abraham le 13 septembre 1759, l'officier Louis-Antoine de Bougainville dont le campement était à Cap-Rouge aurait été averti par un perruquier de l'attaque des Anglais. Qui était-il, où vivait-il, l'histoire ne se souvient que de son métier...





Discorde entre corps de métiers (du moins à Paris)
Il ne faut pas mélanger coiffeur et perruquier...

Le corps des perruquiers a été inventé pour suivre la mode capillaire sous Louis XIII. Ce roi au début de son règne par maladie a perdu l'abondante chevelure qui le rendait si fier, décida de porter des cheveux factices pour retrouver son honneur capillaire perdu. Selon L'art du Perruquier de M. de Garsault (1767), seuls les perruquiers ont le droit de manier les cheveux des deux sexes depuis l'apparition du corps des perruquiers au début du 17ième siècle. Ceci inclut les soins de la tête (coupe de la barbe, coupe des cheveux, soins du visage) et la fabrication de la perruque.

Il semble que les perruquiers avaient négligé la gente féminine car un autre corps de métier apparait quelque peu illégalement au début du 18ième siècle: le coiffeur ou la coiffeuse. Ces termes ne désignent des gens de métier qui ne s'occupe que des cheveux de dames. Rappelons que les perruquiers font les cheveux des deux sexes, c'est-à-dire qu'ils les coupent aussi si la personne ne porte pas de perruque. Or dans les années 1760, la coiffure féminine change rapidement et commence à s'élaborer. Les perruquiers ne veulent pas se faire couper l'herbe sous le pied pour cette clientèle qui leur est légalement réservé. D'ailleurs, M. de Garsault dans le chapitre sixième ''des cheveux et perruques de femmes'' dans son Art du Perruquier précise que ces ouvriers et ouvrières qui se nomment coiffeur ou coiffeuse qui ne font pas parti du corps des perruquiers sont saissisable car le droit d'accomoder les cheveux des deux sexes appartient à eux seuls (les perruquiers)!


La réponse des coiffeurs est diffusée deux ans plus tard sous forme de pamphlet de 16 pages en 1769: L'art des coeffeurs de dames contre le méchanisme des perruquiers, poème. À lire ce poème, la discorde entre les coiffeurs et les perruquiers est palpable. Les coiffeurs prient ces dames de ne pas confier leur tête à cette engeance perruquière aux doigts savonneux, les traitant dès la première page de despotes chimériques ayant un empire tyrannique... Bref, les mots sont rudes envers les perruquiers.

C'est que perruquiers et coiffeurs voient en la chevelure féminine l'avenir de leur métier, la perruque masculine déclinant progressivement à partir du milieu du dix-huitième siècle. Marie-Antoinette rivalisera d'inventivité pour renouveler les modes féminines durant la décennie 1770 avec les perruques extravagantes qui ont marqué l'imaginaire du 18ième siècle jusqu'à nos jours. Donc oui, je crois que les coiffeurs et perruquiers avaient chacun leurs raison pour essayer de s'abroger le droit exclusif d'accomoder les cheveux des dames en 1767-1769.

Voici trois portraits de Marie-Antoinette, reine de France réalisés à différentes périodes de sa vie, regardez l'évolution de la mode capillaire féminine.

Portrait de 1769 par Joseph Ducreux
La coiffure a déjà commencé à être plus haute qu'en 1740-1750

Portrair de 1775 par Jean-Baptiste André Gautier-Dagoty
Le ''pouf'' est à la mode, mélangeant hauteur et boucles contre la nuque


Portrait de 1783 par Elisabeth Vigée-Lebrun,
La coiffure n'a plus de hauteur mais de la largeur et beaucoup de bouffant...






Des perruques dans les inventaires en Nouvelle-France.

Un dernier petit mot pour dire qu'il est mentions de perruques dans deux inventaires mentionné dans le lexique illustré de la Nouvelle-France 1740-1760 par Suzanne et André Gousse. Suzanne Gousse est aussi responsable du développement des patrons historiques La Fleur de Lyse.


Alors voilà, je voulais partager quelques approfondissements sur les perruquiers en Nouvelle-France


Mlle Canadienne



lundi 29 juillet 2019

Sorties culturelles de juillet!

Bonjour!

Ce billet a pour but de partager les lieux de transmissions de l'histoire que j'ai visité ce mois-ci. Je n'ai pas d'image pour alléger le texte mais je crois que vous devriez utiliser les multiples liens que j'ai inclus.


Le musée des Abénaquis d'Odanak.

Trois expositions sont présenté dans le musée du peuple du soleil. La première exposition instruit le visiteur sur les fortifications françaises autour de la mission jésuite pour les abénaquis de 1704. Cette fortification est la seule fortification française bâtie par les français pour des amérindiens. Elle a pour but de surveiller l'embouchure de la rivière St-François de l'arrivée possible de l'envahisseur anglais et de protéger le peuple du village d'Odanak en cas d'attaque.

La seconde exposition était une exposition temporaire sur les clichés des Amérindiens véhiculé par les médias, surtout les films de Hollywood et les répercussions de ces clichés vécu par la communauté autochtone. J'ai vraiment adoré, surtout l'introduction aux monde des pow-wows avec les regalia. En tant que non-Autochtone, j'avais de la difficulté à comprendre que les habits de danses des amérindiens des pow-wows étaient traditionnels tout en permettant d'arborer des symboles de culture populaire américaine comme les super-héros ou Hello Kitty, surtout avec mon parcours de reconstitution historique. Une regalia amérindienne est l'ensemble de vêtements et d'accessoires qu'un danseur porte lors d'un pow-wow. Elle a plus de valeur lorsqu'elle est fabriqué entièrement par le danseur et ne peut être achetée déjà faite. Elle doit représenter le lien entre la tradition ancestrale et l'expérience personnelle et individuelle du danseur. C'est à ce titre personnel et identitaire qu'il est possible de voir des symboles populaires américains. Un respect doit être donné à ces vêtements jusqu'à la manière de les rangers. Il y avait d'autres chose dans cette exposition comme les comparatifs entre les vêtements traditionnels des abénaquis et les clichés de Hollywood, l'évolution des rôles d'Amérindiens dans l'industrie cinématique du début du 20ième siècle mais je n'irais pas plus en détails sur ces autres aspect.

La troisième exposition permanente raconte le quotidien des abénaquis au courant des 13 lunes lorsqu'ils étaient encore semi-nomades. J'y ai découvert la réponse à ma question sur le sucre d'érable des amérindiens avant le contact avec les Européens. Peut-être ne vous avez-vous jamais posé la question: Comment faisaient les amérindiens avant de connaitre les récipient de fonte et de métal pour transformer de l'eau d'érable en sucre. Lorsque j'ai vu la reconstitution de l'exposition d'un camp de printemps avec un panier d'écorce de bouleau rempli d'eau/sirop d'érable au dessus du feu, je me suis rappelée cette expérience scientifique. Tant qu'il y a du liquide pour s'évaporer, même si le récipient a une faible résistance à la chaleur, il ne brûlera pas. Le même phénomène existe pour l'eau d'érable... Les amérindiens avaient donc tout le matériel nécessaire à la fabrication du sucre d'érable et sa découverte leur appartient.



Le Rendez-vous des coureurs des bois de Trois-Rivières

Situé à Pointe-du-Lac, c'est une fin de semaine où sont invité plusieurs groupes de reconstitutions. J'ai eu des discussions intéressantes avec une religieuse hospitalière de St-Joseph, une fileuse et joueuse de vielle à roue et une herboriste du groupe Les Habitants de la Nouvelle-France. (Mesdames, j'ai une mémoire de poisson rouge pour les noms, j'en suis désolée) J'ai aussi été grandement impressionnée par la chantepleure du fondateur du groupe. Dans le cadre des conversations intéressantes, je mentionne aussi la femme de l'apothicaire du groupe Les Compagnons de la Nouvelle-France, et le couple fondateur des Fabricants d'Histoire,  l'historien Samuel Venière et sa conjointe Bianca.


La fin de semaine festive: nos racines Québécoises au Manoir de Niverville de Trois-Rivières

Puisque les deux derniers évènements se déroulaient la même fin de semaine, j'ai passé une journée à chacun d'entre eux. La présentation qui m'a le plus fasciné est celle de la fileuse Diane Gonthier. Grande passionnée du textile et de la laine, elle a expliqué avec brio les différences entre le peignage, le cardage et l'évolution des techniques. Grâce à elle j'ai une meilleure compréhension des premières étapes de transformations de fibres textiles. Nous avons discuté en quoi l'industrialisation a terriblement nuit à la qualité des textiles: pour faire simple les fibres ne sont plus respectées. Elles sont cardées à outrance, les moutons sont maintenant tondus 2 fois par années (ce qui diminue la longueur des fibres), les races de moutons aujourd'hui ne sont sélectionnées que pour leur viande et leur laine aux qualités quelconques devient presque un embarras pour les producteurs... Maintenant je comprends mieux pourquoi mes reproductions de bas de laine très fine sont toujours troués et doivent constamment être raccomodés. Il est très frustrant de passer presque un nombre égal à les porter qu'à les réparer mais cela fait parti de l'immersion dans l'histoire vivante! Cette discussion m'a fait réfléchir encore à l'impossibilité d'avoir des reproductions parfaites, (ici pour un article sur cette réflexion) il y aura toujours un aspect qui aura été traité industriellement aujourd'hui et qui influencera nécessairement le résultat final. Pour finir avec une réflexion personnelle: avant l'industrialisation, le matériel avait de la valeur et le temps n'en avait pas tandis qu'aujourd'hui, c'est le contraire...

Il y avait aussi une présentation d'instruments de musique présent en Nouvelle-France par Gilles Plante (il signe aussi cet article sur le sujet), atelier de danse du début du siècle dernier des jeux de poche et une corde à expression québécoise...

Bref, il faut toujours continuer à s'instruire!


Mlle Canadienne








samedi 20 juillet 2019

How to write in a 18th century manner

Hello!

This article is a little different because it is not about clothing but about writing. In writing too there is fashion gothic vas the main medieval fashion and ''comic sans ms'' was in the beginning of the 2000's.

To reproduce 18th century personal letters, some tool are need.

First thing first the paper to write on. Paper in 18th century was made out cloth and not from like our modern wood fiber paper. It was called rag cloth paper according to my friend and historian Cathrine Davis. There is still working paper mills like the''moulin à papier de Sainte-Suzanne '' en Mayenne. In the province of Québec. the very first economuseum is an artisanal paper making place: the Papetrie St-Gilles.

Second thing needed is ink. Many recipes existed in the 18th century as the long description of Diderot and D'Alembert encyclopedia of writing ink shows. They even talk about invisible ink, for my spies friends.

Third, a tool is needed to apply the ink on the paper. I still use a metallic pen because all my trials with feathers cutting were really bad. Using those pen was making my writing hand like a child one and I do not want to share the ugliness with the Web. I have found one quick  video about how to cut a pen. Lately my friend Joseph Gagné shared another video, more complete about it here.

The last and maybe sometimes forgotten thing to have is not material but essential: the calligraphy itself. The movements needed to write with a dripping pen is different from a modern stylo. The angles will modify the apparences of the different letters. I have finally found a documented historical on how to form letters dated from the early 1700's. It's full title is :Livre d'écriture représentant naivement la beauté de tous les caractères financiers maintenant à la mode. Avec un traité, contenant les véritables moyens pour apprendre facilement à bien escrire, et parvenir en peu à la connoissance de cet Art. Escrit et gravé par Louis Senault escrivain juré. Dédié à monseigneur Colbert. 



I practiced my calligraphy hand using that book when I made a treasure hunt for my boyfriend in Quebec City in the end of June.


Letters of the clues for the treasure hunt 
folded in the 18th century manner


The letters-clues after the treasure hunt...

A pile of clues


All the letters were fold in a way that avoid the messager to read it before the receiver




Open a letter is not always an easy task 

Here is  a look of what the clues looked like. 
Will you know the next destination?



So it was what I wanted to share about my beginnings in historical writing. 


Mlle Canadienne


jeudi 4 juillet 2019

Comment écrire au XVIIIème siècle?

Bonjour!

Cet article est un peu différent des autres car je ne parlerai pas de vêtements comme à mon habitude mais d'écriture. Tout comme les vêtements, il existe des modes dans les écritures manuscrites. Pour preuve l'écriture gothique des textes du Moyen-Âge est caractéristique, tout comme la police d'écriture ''Comic sans ms'' a été caractéristique du début des années 2000.

Bref, pour reproduire des lettres comme au XVIIIième siècle, il faut des outils.

Pour commencer le papier. Contrairement au papier actuel fait de fibres de bois, le papier au XVIIIième siècle était fait à partir de fibres de lin ou coton. À mon avis, le papier était probablement fait à partir de retailles de vêtements ou de vêtements usés mais des recherches plus poussées seraient nécessaires pour vérifier cette affirmation. Il existe encore aujourd'hui des moulins de papier traditionnel comme le moulin à papier de Sainte-Suzanne en Mayenne. Au Québec, le premier économusée est une papetrie artisanale: la Papetrie St-Gilles.

Deuxièmement l'encre. Plusieurs recettes d'encre existaient comme en témoigne la longue description de l'Encyclopédie Diderot et D'Alembert de l'encre à écrire. Il y a même un passage sur les encres invisibles.

Troisièmement il faut un outil pour appliquer l'encre sur le papier, la plume. Si j'utilise encore une plume métallique c'est que mes essais avec les plumes d'oie ont été loin d'être fructueux. On aurait dit un enfant débutant l'apprentissage de l'écriture. Je ne veux pas partager ce désastre avec Internet, vous m'en excuserez. J'ai d'ailleurs trouvé un tutoriel sur comment bien couper sa plume (en anglais) dans ce vidéo-ci.

La dernière chose qu'il faut avoir n'est pas matérielle mais tout de même essentielle: la technique d'écriture elle-même. Les gestes à poser pour écrire avec une plume à tremper sont différents de l'écriture au stylo ou à la plume fontaine. L'angle de la plume avec le papier modifie l'apparence des lettres. Après plusieurs recherches, j'ai finalement trouvé un document du début du XVIIIième siècle expliquant comment bien former les lettres. Son titre complet: Livre d'écriture représentant naivement la beauté de tous les caractères financiers maintenant à la mode. Avec un traité, contenant les véritables moyens pour apprendre facilement à bien escrire, et parvenir en peu à la connoissance de cet Art. Escrit et gravé par Louis Senault escrivain juré. Dédié à monseigneur Colbert. 



Pour pratiquer ma calligraphie en utilisant cet ouvrage comme référence, j'ai organisé une chasse au trésor dans la ville de Québec pour mon amoureux samedi dernier.


Lettres contenant les indices de la chasse aux trésors
pliées à la façon XVIIIième siècle



L'état des lettres-indices après cette chasse au trésors...

Le paquet d'indices


Toutes les lettres étaient pliées selon le modèle empêchant les messagers de lire avant le destinataire...




Ouvrir une lettre n'est pas toujours chose aisée

Je vous donne un aperçu de cette journée avec cet indice de la chasse.
Saurez-vous deviner la prochaine destination?



Bref, j'avais envie de partager mes premiers pas en écriture manuscrite.

Mlle Canadienne


4-Ceintures fléchées: l'utilisation de laine européenne par les Premiers Peuples de l'Amérique du Nord

 Bonjour! Voici la suite à propos des sources autochtones, ici référant exclusivement de l'utilisation de laine colorée européenne par l...