samedi 20 juin 2026

3- Ceinture fléchée: l'utilisations des matières indigènes à l'Amérique du Nord par les Autochtones

 Bonjour,


C'est avec une certaine crainte que j'aborde cet article par rapport à la ceinture fléchée et aux Autochtones. Je suis allochtone et je crains de faire du «whitesplaining» en m'attardant à l'interprétation de la culture textile autochtone. J'espère sincèrement que mon intention de remettre en valeur l'influence des Autochtones sera démontrée et suffisante en elle-même. 

Encore une fois, puisqu'il s'agit de citer des sources d'époque à propos des peuples des Premières Nations d'Amérique du Nord, je tiens à renouveler cet avertissement. Ces textes utilisent des termes qui, aujourd'hui, sont inexacts comme  «indiens» ou péjoratifs comme «sauvages».  Je veux simplement aviser le lecteur de leur présence, inaltérable pour préserver la véracité historique des textes originaux. Cependant, l'utilisation de ces termes en description des sources historiques n'est pas une adhésion aux valeurs qu'ils peuvent véhiculer.

Pour rappel, j'ai déterminé dans mon premier article qu'il existe un vide lexical en français ou en anglais pour évoquer la technique précurseure du fléché, les mots de tressage et tissage aux doigts étant à la fois proches et distincts de la réalité évoquée, j'utilise les deux de manière interchangeable.

Je croyais faire seulement un article sur les perspectives autochtones mais devant l'ampleur de mes recherches deux seront nécessaires. Le premier, celui-ci se penchera sur l'utilisation de poils de bison et piquants de porc-épic dans les sources écrites et artéfacts. Il abordera aussi brièvement le cas particulier des colliers de porcelaine.

Je trouve intéressant de commencer cet article avec la représentation visuelle que Louis XIV a eu de la Nouvelle-France en grandissant.

Carte de la Nouvelle-France
tirée d'un jeu de géographie fait à l'intention de l'éducation de Louis XIV
Source: Les musées de la ville de Paris

Il s'agit d'une vision fantasmée de ces terres lointaines peuplées de légendes que sont les Amériques. Qu'avons-nous pour déterminer la mode des Autochtones d'avant et de pendant la période de la Nouvelle-France? Des écrits de la part des Européens colonisateurs avec leur vision du monde judéo-chrétien, des illustrations de ces mêmes colonisateurs et de trop rares artéfacts qui leur ont survécu... C'est en connaissance de ces biais qu'il faut entamer des recherches à propos des Premiers Peuples, ici plus particulièrement de leurs pratiques vestimentaires.

Dans le  livre « une jolie cinture à flesche» de Monique Genest-Leblanc, le chapitre sur les modes vestimentaires autochtones m'a laissé perplexe pour déterminer que les Autochtones n'ont pas contribué à l'apparition de la ceinture fléchée.  D'un côté, Mme Genest-Leblanc a systématiquement exclu les mentions concernant les colliers de porcelaine (wampums) et les ceintures brodées de poils de porc-épic de son analyse, cherchant exclusivement des preuves de filage de laine, d'utilisation de laine et de tissage/tressage dans les mentions autochtones.  Je crois au contraire qu'il est nécessaire de les inclure dans une vision plus large, a fortiori depuis que Kévin Gélinas a montré qu'un tiers des ceintures canadiennes mentionnées dans les archives sont des ceintures de laine (attribut européen) garnies de rassades (attribut autochtone). De plus, les quelques mentions détaillées des ceintures garnies de porc-épic associent ces poils à une base de laine, toujours dans des inventaires canadiens/colonisateurs européens français. 

D'un autre côté, Mme Genest-Leblanc souligne que le premier portrait montrant une technique de fléché clairement identifiable provient du héros mohawk Thayendanega, aussi appelé par les Européens Joseph Brant, vers 1807, soit près d'une décennie après les mentions écrites de «cinture à flesches» de 1798 mais cinquante ans après la mention trouvée par Kévin Gélinas de « ceinture par flèche» de 1757. On y voit une courroie mince, environ un pouce de large, des flèches centrales rouges, bordées de blanc et de bleu.

Artiste: William Berczy
Détail du portrait de Thayendanegea (Joseph Brant)
Vers 1807
Source: Musée des Beaux-Arts du Canada


Ce qui me rend le plus perplexe c'est l'absence de lien franc entre les Canadien-Français et le Mohawk. Joseph Brant est un allié britannique de la première heure. À quinze ans, lors de la guerre de Sept Ans ou la guerre de la Conquête, il participa à la tentative d'invasion du Canada par James Abercromby, un Britannique, en 1758 au Lac Champlain et participa à la prise du fort Niagara en 1759. Il se rendit à Montréal en 1760 pour l'assiéger sous les ordres du général Amherst. S'étant fait remarquer pour son intelligence, il est parrainé pour être éduqué auprès du révérend Eleazar Wheelock à Lebanon, dans l'actuel Connecticut. Son éducation sera écourtée en raison de la guerre de Pontiac dès 1763, sa famille ne voyant pas d'un bon oeil qu'il fréquente des Anglais. Il demeurera toutefois un fidèle allié britannique. Il retourne à Montréal en 1775 avant de partir à l'automne de cette année-là pour la Grande-Bretagne et y agir comme représentant des Six-Nations, aux côtés d'autres alliés autochtones. Lors de ce même voyage, le colonel Guy Johnson commémore sa nomination de superintendant de la «confédération iroquoise» aux côtés du chef mohawk Karonghyontye.

Colonel Guy Johnson and Karonghyontye ( Captain David Hill)
artiste: Benjamin West
Date 1776
Source:National Gallery of Art

Détail des courroies du chef Mohawk Karonghyontye ( Captain David Hill)
artiste: Benjamin West
Date 1776
Source:National Gallery of Art


Joseph Brant, l'homme au premier portrait montrant une technique de fléché identifiable, participa activement à la guerre d'Indépendance américaine aux côtés des Britanniques entre 1776 et 1785, persuadé que la protection des territoires iroquois devait passer par leur alliance avec les Britanniques. Il fut amèrement déçu de son voyage de 1785 fait pour consolider l'alliance britannique avec les Iroquois. La couronne britannique leur recommanda calme et modération en plus d'une attitude pacifique pour faire valoir leurs droits ancestraux auprès du gouvernement des États-Unis nouvellement formé. Autrement dit aucun support militaire en cas d'un conflit armé anticipé... Il m'apparait étrange que la première représentation claire d'un motif à flèche soit d'abord sur une courroie et non sur une ceinture, ensuite d'un Mohawk allié des Britanniques sans lien avec les postes de traite établis par les Français et Canadiens durant la Nouvelle-France.

Tout cela additionné au fait que le tiers des ceintures canadiennes entre 1723 à 1764 trouvées par Kévin Gélinas avaient des rassades, des décorations de perles de verre, souvent blanches, prisées par les Autochtones mais relativement boudées par les Européens de la même période. Quelques-unes de ces ceintures sont décrites comme des «ceintures sauvages», d'autres sont de poils de buffalo, d'autres encore sont de laine garnie de piquants de porc-épic.

Pour ce qui est d'une preuve de la présence de savoirs textiles chez les peuples autochtones, le récollet Louis Hennepin en parle dans son «curieux Voyage» édité en 1704 dans le chapitre XXX qui parle de la chasse au taureau et à la vache sauvage (buffalo) dans la région des Grands Lacs et de ce qu'on peut en tirer. Louis Hennepin a traversé l'Atlantique en 1676.

Les femmes «sauvages» filent au fuseau la laine de ces boeufs (buffalo)
Louis Hennepin
Édité chez PierreVander à Leide en 1704
page 190
Source: BANQ numérique



 Un peu plus tard, c'est le père Pierre-François-Xavier de Charlevoix qui décrit les ouvrages des femmes autochtones aux pages 333-334  de l' «Histoire et description générale de la Nouvelle France : avec le Journal historique d'un voyage fait par ordre du Roi dans l'Amérique Septentrionale, Tome III» dans la 23e lettre intitulée «Suite au caractère des sauvages et de leur manière de vivre» du 8 août 1721 écrite aux bords de la rivière St-François, comme ceci:

«Les petits ouvrages des Femmes , & ce qui les occupe ordinairement dans les Cabannes, sont de faire du Fil des pellicules intérieures de l’écorce d’un Arbre, qu’on appelle le Bois Blanc y & elles le travaillent à peu près, comme on fait parmi nous celui de Chanvre. Ce font encore les Femmes, qui font les teintures : elles travaillent aussi à plusieurs ouvrages d’écorce , où elles font de petites figures avec du poil de PorcEpi ; elles font de petites Tasses, ou autres Ustencilles de bois, elles peignent & brodent des Peaux de Chevreuils, elles tricotent des ceintures & des jarretières avec de la Laine de Bœuf.»

On y parle de filage ressemblant au chanvre (matière dont on tire, en Europe, aussi bien des toiles solides que des rudes cordages), de teinture, de broderie de poils de porc-épic et même de tricot de laine de boeuf (buffalo)! Quoiqu'il n'est pas impossible que les ceintures et jarretières aient été tricotées, il me semble plus probable que l'auteur ait utilisé ce mot pour désigner une action manuelle de tressage/tissage aux doigts, montrant plus possiblement une certaine méconnaissance des travaux textiles dits féminins. Je reviendrai dans mon dernier article sur les multiples biais d'interprétations possible des sources écrites.

J'ai trouvé dans les collections du Musée du Quai Branly Jacques Chirac des jarretières et une ceinture de laine de bison datés du 18e siècle! La laine est bien noire, ce qui coincide drôlement avec la couleur dominante de l'inventaire des ceintures de Kévin Gélinas, le noir dans son deuxième livre: «Frontier soldiers of New France Volume 2»  Cette dominante du noir serait donc du fait de la couleur naturelle du poil de buffalo, la faisant en Amérique du Nord la couleur la plus abordable pour la laine. Il s'agit d'un indice, non une confirmation, de l'hypothèse que les Canadiens cherchaient à imiter les Autochtones dans leur choix de ceinture pour la couleur dominante du noir, en plus de l'utilisation de rassades.

Jarretières de laine de bison garnies de rassades avec franges entourées de piquants de porc-épic se terminant par des cônes de fer blanc et des poils de ruminant teints
Région des Grands Lacs
Wyandot
XVIIIe siècle
Source: Musée du Quai Branly Jacques Chirac

Détail montrant le tissage des jarretières de laine de bison garnies de rassades 
Région des Grands Lacs
Wyandot
XVIIIe siècle
Source: Musée du Quai Branly Jacques Chirac

Je crois deviner un agencement en diagonale typique du tressage/tissage aux doigts surtout en regardant les bordures brunes de la jarretière. Les fils ne sont pas visibles sur toute leur longueur comme pour une tresse classique. Puisqu'un fil brun est visible autour de la plupart des perles de verre, il semble que les rassades aient été cousues en deuxième lieu et non incorporées au moment du tressage/tissage aux doigts. Cette jarretière semble être faite avec la technique du tressage/tissage au doigts mais n'est pas du fléché.





Ceinture ou écharpe de laine de bison
Région des Grands Lacs
Wyandot
XVIIIe siècle
Source: Musée du Quai Branly Jacques Chirac



Détail de la ceinture ou écharpe de laine de bison
Région des Grands Lacs
Wyandot
XVIIIe siècle
Source: Musée du Quai Branly Jacques Chirac

L'enchevêtrement des fils de cette ceinture est beaucoup plus lâche que pour celui des jarretières! Et les fils me semblent également beaucoup plus fins. Sans en être certaine, il me semble que la technique ici ressemble plus à une tresse ordinaire et non à du tressage/tissage aux doigts. Avec un enchevêtrement aussi lâche, je peux comprendre pourquoi le père Charlevoix parlait de tricoter des jarretières et ceintures en laine de bison, surtout s'il n'a vu que le résultat final et non le processus de fabrication. En regardant le produit fini, il est aisé d'imaginer que cette ceinture a été tricotée lâche plutôt que tressée lâche.

Ceinture très possiblement en laine de buffalo garnie de rassades avec franges entourées de piquants de porc-épic se terminant par des cônes de fer blanc et des poils de ruminant teints
Non daté
Source: British Museum



Non seulement des sources écrites du XVIIe siècle nous attestent de la capacité des femmes autochtones de la région des Grands Lacs de filer la laine des buffalos, de précieux artéfacts attestant de cette pratique ont survécu jusqu'à nous! Ce qui me fait réfléchir: ce n'est pas que les Autochtones d'Amérique du Nord ne connaissaient pas la pratique textile, comme le démontrent ces sources, ils la connaissaient à petite échelle seulement. L'apport des Européens sera surtout de rendre disponible une grande variété et une encore plus grande quantité de textiles à leur disposition, dont les précieux fils de laine pour le tressage/tissage aux doigts qui se transformera en fléché à un moment dans le temps encore indéterminé par mes recherches.


La 28e lettre du même ouvrage du père Pierre-François-Xavier de Charlevoix, écrite aux Kaskasquias ( près du fort de Chartres dans l'Illinois actuel) le 20 octobre 1721:

«Les Illinois de leur côté travaillent à la terre à leur manière , & sont fort laborieux. Ils nourrissent aussi des Volailles , qu’ils vendent aux François. Leurs Femmes sont assez adroites ; elles filent la laine des Bœufs, & la rendent aussi fine que celle des Moutons d’Angleterre , quelquefois même on la prendroit pour de la Soye. Elles en fabriquent des Etoffes, qu’elles teignent en noir, en jaune,& en rouge foncée. Elles s’en font des Robes , qu’elles cousent avec du fil de nerfs de Chevreuils. La maniéré , dont elles font ce fil est très-simple. Quand le nerf de Chevreuil eft bien décharné , elles le mettent au Soleil pendant deux jours ; quand il est sec , elles le battent, & elles en tirent fans peine un fil aussi blanc & aussi fin que celui de Malines , & beaucoup plus fort.»

Non seulement les femmes Illinois ne produisent-elles pas des fils de laine de buffalos, elles les transforment en étoffe qu'elles teignent. Les fils produits sont parfois si fins qu'on les prendrait même pour de la soie! Parle-t-on encore de jarretières et de ceintures lorsqu'on parle d'étoffe ou bien de tissage au métier? Pourrait-on assembler des bandes de tressage/tissage aux doigts pour en faire des robes?  Encore des questions sans réponse... 



Le père récollet Gabriel Sagard écrit dès 1632 ses observations au pays des Hurons. Quelques unes ont trait à l'esthétisme et l'habillement et méritent d'être soulignées.



Extrait descriptifs des accoutrements féminins chez les hurons à propos de ceintures de porc-épic «teints en rouge cramoisi et fort proprement tissues»...
Sagard, Gabriel, Le grand voyage du pays des Hurons [...], A Paris, chez Denys Moreau., 1632, 1 ressource en ligne (380, 12, [146] p.),
page
Collections de BAnQ.
Source: BaNQ numérique

Doit-on comprendre que les ceintures sont tissées ou bien que les poils de porc-épic sont tissés par-dessus? La construction de la phrase ne me permet pas de choisir entre l'une ou l'autre de ces interprétations.  Pour l'instant, interprétons cette phrase comme si elle indiquait que ce sont les poils qui sont entrecroisés, donnant l'impression d'être proprement tissés ensemble et placés sur un support, possiblement de cuir.


Extrait descriptifs des ouvrages de femmes huronnes
Sagard, Gabriel, Le grand voyage du pays des Hurons [...], A Paris, chez Denys Moreau., 1632, 1 ressource en ligne (380, 12, [146] p.),
page 132
 Collections de BAnQ.
Source: BaNQ numérique

Gabriel Sagard mentionne la fabrication d'écharpes, terme parfois utilisé pour désigner des ceintures mais qui pourrait aussi désigner une courroie d'épaule comme pour le portrait de Joseph Brant dans sa description des ouvrages des femmes. Les couleurs, rouge, noir, blanc et bleu des poils de porc-épic semblent si vives au récollet que les textiles européens ne s'y comparent pas aux dires du récollet. Les poils de porc-épic ici sont décrits comme une décoration d'un sac à pétun, («tabac, herbe dont les feüilles sont fort grandes, qu’on fait secher pour prendre en fumée, ou pour mascher, ou qu’on met en poudre pour prendre par le nez.»)

Sac à tabac
Haudenosaunee de la Vallée du St-Laurent
Peau et piquants de porc-épic
18e siècle
Source: Musée du Quai Branly Jacques Chirac




Une grande inconnue pour moi avant de commencer cet article était les décorations de porc-épic. J'avais en tête des broderies denses couvrant complètement le tissu ou le cuir situé dessous mais les artéfacts trouvés ne concordent pas entièrement avec cet a priori. L'exploration de cette technique m'apparait nécessaire afin de voir s'il existe des parallèles à faire entre les ceintures colorées de porc-épic et les ceintures de laine colorées tressées/tissées aux doigts.

Kévin Gélinas m'a partagé ce manuscrit, traitant des animaux à quatre pieds terrestres et amphibies qui se trouvent dans les Indes occidentales de l'Amérique Septentrionale d'un dénommé Louis Nicolas. Gallica indique que ce traité a été écrit au XVIIIe siècle, cependant la revue Cap-aux-Diamants a récemment dédié une édition complète sur Louis Nicolas  et son Codex Canadiensis acquis par le Gilcrease Museum. Le numéro de la revue nous informe que Louis Nicolas meurt vers 1682. Son voyage en Nouvelle-France commence en 1664 et se termine en 1675. Durant cette période il aura visité la Nouvelle-France d'est, à Sept-Iles sur la Côte-Nord, en ouest, à Chagouamignon sur le Lac Supérieur, et déclarant même avoir visité la Virginie au sud! 

Aussi me suis-je appliquée à transcrire tout le chapitre sur les porc-épic commençant à la page 16: 


Chap. Porc-épic


Le porc épic est un animal à ongles griffés. Il monte sur les arbres pour en ronger les écorces et les pèlent entièrement ceux qu’il aime et les fait par conséquent mourir. Il est laid comme certains diables qu’on peint dans les tableaux ou l’on nous représente l’enfer. Ils y en a des gros de petits & de médiocres. Il a la tête grosse et ronde, les yeux porcelains, le nez gros et cameux, l’oreille rase tout de poils long et hispide sous lequel il cache un autre certain gros poil blanc et noir, et je ne le saurais mieux comparer qu’aux piquerons d’un hérisson. Il a tout le corps mal fait, les jambes courtes et les pieds garnis de grosses griffes bien arquées, la queue est grosse assez longue et au bout semble avoir été coupée.


Il habite dans les trous de roches. Les [idenap?] chiens sauvages donnent dessus avec violence: mais bien lorsqu’on les entends crier lorsqu’on après avoir mordu l’animal, ils se sont fait piqués et perdu [lay lagente?] et qu’ils sont après dardés de partout du poil que cet animal chasse de son corps et le lance aussi avec vigueur sur le chien qui l’incommode quelquefois élans que si l’on maitre ou maitresse n’a soin de lui tirer bientôt ce poil, le chien en meurt infailliblement étant pénétré [tour à tour?] de ce même poil qui s’insinue insensiblement dans la chair jusqu’à ce qu’il ne paraît plus et ainsi il traverse tout le corps. J’ai vu des sauvages bien blessés de ces piquerons et souffrir de douleurs fort aigües jusqu’à ce que le poil qui leur était entré dans la cuisse peut sortir qu’avec de la douleur ne cesse point que cela ne soit sorti.


Ce même poil qui est si malin est d’un grand usage parmi nos sauvages qui l’ayant mis en teinture avec diverses racines qui font des couleurs jaunes, violettes, noires, rougeâtre et parfaitement rouges qu’il n’y a point d’écarlate si beau ni plus éclatant que celui qu’on voit dans plusieurs des beaux et des rares ouvrages que les femmes sauvagesses font.


Elles en font des tours de vestes précieux aussi bien qu’un autre certain ouvrage admirable où l'on voit 100 belles figures différentes ces ouvrages sont de prix parmi les barbares. On voit mille petites gentillesse aux souliers, aux bas {possiblement mitasses}, brayets, robes de castor, ceintures de deux ou trois façon, justaucorps, sac à pétun, sacs de conseils si rare et si précieux qu’on peut dire sans mentir( materiam superabat opus {citation latine} ) que l’ouvrage surpasse mille et mille fois la matière du poil de porc-épic qui [ d'en soi ?] est certainement une chose vile mais mise en ouvrage l’on peut dire que c’est quelque chose de beau. Est-ce que tous nos brodeurs ne sauraient pas faire des ouvrages, des dessins, ni plus beaux, plus justes. J’ai vue des couronnes faites de cette matière que de monarques n’auraient pas dédaignés de mettre sur leur tête non plus que les courtisans les plus propres n’auraient pas faits difficulté de séparer de certains ceinturons ou baudriers que j’ai vue faire par une sauvagesse le même baudrier fut présenté à un gouverneur du Canada qui puisse un jour fera gloire de le faire paraître à son côté au milieu de la cour; en vérité un prince estimerait cela tout de même que certaines [vanés?] ceintures qu’on fait dans nos bois propre à prendre un [manchon?] au col ceux qui en ont en France comme une chose assez rare pourrons bien confirmer ceci.


Cependant que nos sauvagesse viendront de la chasse avec plusieurs porc-épic ( c’est la chasse des femmes) et qu’elles tireront et choisiront sur l’animal le poil qui leur sera propre pour leur beaux ouvrages, et qu’elles grilleront le reste et le racleront avec un couteau( comme on racle les cochon en France) le porc-épic qui sans la brûlure capable de donner mal de tête à ces cerveaux faibles qui n’aiment que la senteur du musc ou de la livèche.


Si cet animal était pelé avec de l’eau chaude, il n’y a point de cochon de lait qui fusse meilleur ni plus blanc que le porc-épic qui est d’un goût exquis et délicat lorsqu’il est préparé à la française et mangé un peu mieux cuit et plus proprement que ne le préparent les sauvages. Kak - c’est le nom que notre nation donne à cet animal et à son poil kaouiak.

 

Je suis des plus étonnée d'apprendre que la chasse au porc-épic est considérée comme une activité féminine! Contrairement à ce qu'ont dit plusieurs manuels de survie dans le passé, il n'est pas recommandé de manger de la viande de porc-épic crue car ils peuvent être atteints de tularémie. Le Bioparc de la Gaspésie nous avertit que cette maladie se transmet à l'homme en consommant de la viande mal cuite ou en transmission directe s'il y a contact entre une plaie et la viande de l'animal.

Illustration d'un porc-épic
tiré du Codex Canadensis
Source: Gilcrease Museum

 

L'auteur Louis Nicolas tient des propos des plus élogieux à propos de l'utilisation décorative des poils de porc-épic par les Autochtones sur leurs vêtements. Même si les piquants en soi le répugne, les disant vils, il encense les décorations qu'ils produisent. Il croit que les couronnes faites de ces poils sont dignes des monarques et des princes (d'Europe), qu'aucun courtisan ne se séparerait de tels ouvrages qu'avec de grands regrets!

Aussi Louis Nicolas parle de deux ou trois façons de faire des ceintures, ou du moins c'est la manière dont j'interprète le «ceintures de deux ou trois façons» dans l'énumération des objets pouvant être brodés de poils de porc-épic.

 Ce n'est pas la première source de cet article qui met l'emphase sur la vivacité des couleurs des ceintures de porc-épic. Ces mocassins merveilleusement bien préservés nous montrent tout l'éclat que peuvent avoir les piquants de porc-épic teints.

Mocassins d'origine HuronWendat
vers 1800
Source: National Museum of the American Indian

Le temps a toutefois fait son oeuvre sur la plupart des artéfacts ayant survécu, la majorité des coloris des poils de porc-épic ont perdu de leur lustre avec leurs trois siècles d'existence.


Mocassin de peau de bison, richement décoré de poils de porc épic teints
Objibwa de la région des Grands Lacs
Début 18e siècle
Source Musée du Quai Branly Jacques Chirac


Gaine de couteau décoré de poils de porc-épic teints
1740-1780
Source: Musée McCord Stewart


Les poils de porc-épic sont façonnés ici de manière à ressembler à de minuscules perles.


Mocassin alliant décoration de piquants de porc-épic et rassade ( perle de verre)
Haudenosaunee
Milieu XVIIIe siècle
Source Musée du Quai Branly Jacques Chirac


J'admire plus que tout la technique permettant de créer des micro-triangles avec les poils. Un motif qui me fait très vaguement penser au motif de « flèche nette» ou «flamme» des techniques de fléché.


Sac à tabac? iroquois
Vers 1800
Source MET Museum


Sac à tabac peint et décoré de poils de porc-épic
Objibwa de la région des Grands Lacs
Début 18e siècle
Source Musée du Quai Branly Jacques Chirac

On voit sur ce sac l'utilisation de peinture pour réaliser des flèches et le motif chevron fait en poils de porc-épic. Ce sac montre que le motif de flèche est présent dans l'art autochtone avant l'apparition de sources écrites de ceinture fléchées.

L'usage de flèches en peinture vestimentaire apparait dans quelques robes de peaux peintes dans les collections du Musée Quai Branly Jacques Chirac.

Détail d'une robe peinte
Illinois
XVIIIe siècle
Source Musée du Quai Branly Jacques Chirac

robe peinte
Illinois
XVIIIe siècle
Source Musée du Quai Branly Jacques Chirac

Détail d'une robe peinte
Quapaw
XVIIIe siècle
Source Musée du Quai Branly Jacques Chirac


Détail d'une robe peinte
Assiniboine
XVIIIe siècle
Source Musée du Quai Branly Jacques Chirac


Sac d'épaule?
Annishnabee
Vers 1780
Source:MET Museum 

Ce sac à porter à l'épaule possède à lui seul trois types de décorations à l'aide de poils de porc-épic. Aux bordures supérieures et inférieures, la fine ligne en zigzag blanche est faite avec un poil non teint cousu à même le sac, un tissage au métier a permis de faire les panneaux décoratifs du devant du sac et la bandoulière est faite de lanières de cuir autour desquelles, toujours par paires alternées, l'artisane a enroulé ses piquants teints, créant une forme de tissage en filet. Ce motif particulier de la bandoulière fut abandonné au cours du XIXe siècle nous informe le MET Museum.



Détail d'un sac d'épaule?
Annishnabee
Vers 1780
Source:MET Museum 

La diagonale induite par la sélection des couleurs des piquants de porc-épic n'est pas sans rappeler le motif demi-chevron du tressage/tissage au doigt... La même technique d'enroulement de poils pour une sangle peut être admirée dans cet ensemble de couteau de cou avec sa gaine.

Couteau de cou avec sa gaine
Région des Plaines et des Grands Lacs
Vers 1750
Source Musée du Quai Branly Jacques Chirac

Détail de couteau de cou avec sa gaine
Région des Plaines et des Grands Lacs
Vers 1750
Source Musée du Quai Branly Jacques Chirac

L'alternance des couleurs en triangles sur la sangle me fait vivement penser aux chevrons la technique de tressage/tissage aux doigts avec laine.

La même technique peut être vue sur ces ceintures sans estimation de date de création, les informations du MET Museum me permettent de les estimer à avant les années 1800.

Ceinture piquants de porc-épic
région du St-Laurent
date indéterminée
Source Musée du Quai Branly Jacques Chirac



Ceinture en piquants de porc-épic enroulés avec des franges se terminant par des cônes de fer blanc et des poils de cervidé
Fin XVIIIe siècle
Source: Musée Canadien de l'Histoire


Le site GRASAC Sharing platform possède des photos de proximité de cet artéfact impressionnants.
 
Source: GRASAC Sharing platform 

Il existe des ceintures qui ne semblent être que des franges enroulées de piquants de porc-épic.

Ceinture de poils de porc-épic
de la collection «Arthur Speyer Indian Artifact»
photographiée en 1975
Source: Musée Canadien de l'Histoire


Comme le montrent les derniers artéfacts, l'utilisation de poils de porc-épic produit des effets variés selon comment ils sont appliqués! Il existe encore quelques ceintures entièrement fabriquées de poils de porc-épic posé à plat en petits triangles luisants comme pour la première paire de mocassins, elles sont disséminées dans les collections muséales.


Ceinture de poils de porc-épic
Provenant de la collection de Sir Han Sloane amassés entre 1680 et 1750
Source: British Museum


Ceinturon-porte-épée de poils de porc-épic
1760-1770
Source: Musée Canadien de l'histoire



Prenons une pause nécessaire pour vous instruire sur ce que vous vous apprêtez à voir.

En 1780, le cabinet de curiosité du Britannique Sir Ashton Lever s'apprêtait à être démantelé et vendu pièce par pièce dans une loterie pour des raisons financières. Il eut toutefois l'idée de génie de faire appel à une artiste peintre, Sarah Stone, pour peindre chacun de ses artéfacts et garder une trace des objets qui ont fait partie de sa collection personnelle. Ami de James Cook, Sir Ashton Lever avait nombre d'artéfacts qui provenaient de partout sur la planète, y compris de l'Amérique du Nord. Le désavantage est que ce sont mes connaissances générales qui me permettent de supposer que les objets sélectionnés ici viennent bien du Nouveau Monde dans sa partie septentrionale. L'avantage, c'est que nous savons que ces objets ont été acquis au plus tard en 1780, ce qui nous donne une limite temporelle claire de leur fabrication. J'ai l'intuition que la majorité de ces objets proviennent plutôt de la Guerre de Sept Ans que de la Guerre d'Indépendance américaine puisque cette dernière n'est pas encore terminée lors de la mise en vente de ces objets, croyant peut-être à tord que la majorité des Britanniques restèrent sur le nouveau continent jusqu'à la fin du conflit, leurs effets personnels également. De plus, si 1780 est l'année qui officialise une banqueroute personnelle pour Sir Ashton Lever, il me semble que les années précédant celles-ci ne devaient pas contenir de dépenses en acquisition d'artéfact supplémentaires. Mais tout ceci ne sont que des suppositions personnelles, une recherche plus poussée serait nécessaire pour valider ou invalider mes intuitions.

Cette aquarelle montre le détail de ce qui me semble être une ceinture de piquants de porc-épic teints, assemblés artistement en géométrie répétitive, recouvrant l'entièreté de la ceinture. Considérant le travail immense que la fabrication de telles ceintures doit nécessiter, autant sinon plus qu'une ceinture fléchée dite Assomption du XXe siècle, on peut imaginer qu'elles étaient plus dispendieuses que celles de laine seulement «garnies de porc-épic» évoquées par Kévin Gélinas et par conséquent plus rares.


Dessin de Sarah Stone montrant un artéfact nord-américain de la collection de Sir Ashton Lever
Illustration de 1780
Source: British Museum



Dessin de Sarah Stone montrant un artéfact nord-américain de la collection de Sir Ashton Lever
Illustration de 1780
Source: British Museum

Ce dessin, bien qu'ayant des couleurs que j'avais rarement vues sur des artéfacts autochtones nord-américains peut être attribué à la Nation Anishnaabe comme la jarretière suivante des collections du Musée Canadien de l'Histoire:


Jarretière de piquants de porc-épic avec franges
Anishnaabe
vers 1780
attribué à la collection John Caldwell
Source: Musée Canadien de l'Histoire



Dessin de Sarah Stone montrant un artéfact nord-américain de la collection de Sir Ashton Lever
Illustration de 1780
Source: British Museum

Cette dernière illustration montre bien ce que les textes d'époque en français appellent des colliers de porcelaines. Les anglophones les appellent plutôt des « wampum belts».

Je voudrais faire une petite digression sur les colliers de porcelaine. Leurs formes, provenance et utilisation diplomatique par le comte de Frontenac sont longuement discutées dans l'«Histoire de l'Amérique septentrionale» de Claude-Charles Le Roy de la Potherie paru en 1722.


 Histoire de l'Amérique septentrionale... Tome 1
Claude-Charles Le Roy de Bacqueville de La Potherie,
1722 
Source: Gallica

Il s'agit de perles tubulaires fabriquées avec le nacre d'un coquillage «mercenaria mercenaria» de son nom latin, palourde américaine de son nom officiel en français et aussi appelé «clam» «coque» ou «mye» de façon populaire. Les anglophones nomment ce mollusque le «quahog». Jonathan Lainey, dans son livre de 2004 «La monnaie des sauvages», mentionne à la page 12 d'autres coquillages pouvant produire des perles de wampums tels que le colunella, le Fulgur carica et le Pirula spicata.  Toujours dans le même livre à la page 18, Lynn Ceci évalue la cadence de production avec des outils de métal à 42 perles blanches ou 21 perles violettes pour un seul artisan. Je n'ai pas trouvé de mentions avec des outils disponibles avant la rencontre avec le métal européen. Ce temps de fabrication relativement élevé par rapport aux poils de porc-épic en a fait un matériel extrêmement précieux aux yeux de tous les Autochtones de l'Amérique du Nord. Ils étaient la matérialisation de la parole et les motifs étaient un aide-mémoire au discours officiel de leur Nation. Pour plus d'informations sur les colliers de porcelaines, je vous invite à visiter le site de l'exposition « Wampum: perles de diplomatie» du musée McCord Steward, ou à lire le livre de Jonathan Lainey«La monnaie des sauvages» .

J'ai longtemps cru que les illustrations suivantes étaient des colliers de porcelaines en guise de ceinture. Je réalise aujourd'hui qu'il s'agit fort possiblement de ceintures de porc-épic au vu des couleurs et aussi de la puissance symbolique des colliers de porcelaines. Je ne crois pas qu'un individu ait risqué de perdre, briser ou endommager la parole diplomatique de son peuple en la portant comme un vêtement ordinaire. Suite à cette réalisation de ma part, je ne m'éterniserai pas sur la description de ces «wampums». Je souhaite simplement souligner que l'agencement des colliers de porcelaine peut s'apparenter à une forme de tissage de perles, contredisant l'idée que les Autochtones ne tissaient pas avant l'arrivée des Européens en Amérique du Nord. Aussi, les agencements géométriques que les ceintures de piquants de porc-épic peuvent ressembler à ceux des perles tubulaires des colliers de porcelaines.


Etowaucum, Roi de la Nation de la Rivière, Mohican
Artiste: John Verselst
1710



Sagayenkwaraton, Roi des Maquas, Iroquois
Artiste: John Verselst
1710
Bibliothèque et Archives Canada




Tejonihokarawa (baptisé Hendrick). Nommé Tee Yee Neen Ho Ga, Emperor of the Six Nation, Iroquois
Artiste: John Verselst
1710
Bibliothèque et Archives Canada

On voit la différence ici entre le «collier de porcelaine» (wampum) en violet et blanc que Tejonihokarawa tient en main avec la ceinture à trois couleurs noir, blanc et rouge très possiblement en piquants de porc-épic.

«Sauvage» Nepising en Canada
1717
Source: Library of Congress

Ici aussi, l'utilisation des couleurs noir et jaune laisse penser que les ceintures sont faites de poils de porc-épic teints.

Je continue avec un autre portrait d'Autochtones fait durant la période de la Nouvelle-France.

Allié des Français installé à l'Ile aux tourtes, possiblement Nepising
1732
Source: Library of Congress 



Cet allié des français a adopté le port de capot à la canadienne. Malheureusement, il n'y a pas vraiment de détails pour la ceinture dont les franges sont inexistantes.


Terminons ce tour d'horizons des portraits autochtones par cette aquarelle datant de la fin du XVIIIe siècle.

«A plan of the inhabited part of the Province of Quebec»
Illustration de l'Enseigne James Peachey
vers 1785
Source: Bibliothèque et Archives Canada


Cette aquarelle illustre avec un bon niveau de réalisme les vêtements autochtones, possiblement de la Nation MicMac ou de la Nation Abénaquise. Les deux hommes portent des ceintures de poils de porc-épic croisées sur la poitrine et pour l'homme à droite, en bandeau sur la tête. L'homme au centre semble porter une ceinture de laine colorée dont les franges se terminent par des cônes métalliques et des touffes de poils de cervidé teints, décoration souvent illustrée dans cet article. Par contre, comme c'est trop souvent le cas, il est impossible si cette ceinture est fléchée ou simplement tressée/tissée aux doigts. Ce type de ceinture sera l'objet de mon prochain article: les ceintures de laine européennes fabriquées en contexte autochtone.


Ce que je retiens de cette première exploration des sources autochtones à propos de l'exploitations des matières indigènes à l'Amérique du Nord aux XVIIe et XVIIIe siècles :

  1. Les Autochtones de l'Amérique du Nord connaissaient les techniques de filage, teinture, tressage/tissage aux doigts avant l'arrivée des Européens avec les poils de buffalos. Le mouton n'est pas le seul fournisseur de laine possible. Le jésuite Louis Hennepin en atteste en relatant son expérience nord-américaine de la fin du XVIIe siècle dans un livre publié en 1704.

  2. Les Autochtones utilisaient des motifs géométriques avec entre autres des pointes de flèches pour décorer des robes de peaux avec une peinture. La peinture est un médium, contrairement au tissage, qui n'impose pas de contrainte. Ces motifs linéaires et géométriques sont par conséquents importants pour ces peuples.

  3. L'utilisation de poils de porc-épic teints étaient probablement la principale source de couleur dans les habits autochtones avant l'importation de laine européenne. Les couleurs de ces poils étaient plus riches et soutenues que celles des textiles européens lors de la même période. Le père Pierre-François-Xavier de Charlevoix le 20 octobre 1721 parle aussi de laine teinte en rouge, jaune ou noir de buffalo mise en étoffes pour faire des robes. Il n'est pas impossible que ces même fils teints aient été utilisés pour en faire du tressage/tissage aux doigts de ceintures, jarretières ou courroies.



Dans le prochain article, j'explorerai les ceintures de laine tressées/tissées aux doigts par les Autochtones, autant que possible durant la période de la Nouvelle-France.


Pour terminer, j'aimerais remercier Kévin Gélinas pour le partage du manuscrit de Louis Nicolas et à Joseph Gagné pour son aide à le déchiffrer. Un merci particulier à Raechel Katherine Ingram et Gilbert Desmarais pour leur lecture en tant que membre des Premières Nations. Comme toujours, un merci bien particulier à mon Michel Thévenin pour sa relecture orthographique. Merci à tous!


À bientôt pour la suite de mes recherches autochtones,




Mlle Canadienne



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