samedi 13 octobre 2018

Les perruquiers en Nouvelle-France

Bonjour,

Pour continuer le thème des barbiers-perruquiers, je voudrais tout d'abord faire remarquer que le métier de perruquier n'était pas limité à la métropole et qu'il y a eu des perruquiers en Nouvelle-France.


La première fois que j'ai eu vent de la présence d'un perruquier en Nouvelle-France, c'était lors de ma visite en juin dernier (2018) au Château Ramezay. Leur exposition au sous-sol mettait en vedette un valet-barbier-perruquier dont le nom m'échappe malheureusement, aux côtés de Jean-Baptiste-Nicholas-Roch de Ramezay et de sa soeur Louise de Ramezay.

Apprenant que nous, Michel Thévenin et moi-même, préparions une conférence sur la mode capillaire masculine du XVIIIe siècle pour les rendez-vous d'histoire de Québec d'août dernier, Sophie Imbeault, historienne et éditrice, nous a gracieusement fait parvenir une liste de perruquiers apparaissant dans les déclarations de papiers du Canada de Québec et Montréal pour les années 1763 et 1764.
 

Afin de mieux comprendre les termes financiers apparaissant dans cette liste, je vais commencer par vous expliquer les différents types de monnaie de papiers en lien avec ce que les Français ont nommé l'Affaire du Canada.


La question du papier du Canada est peut-être ce qui a le plus ébranlé la France après la perte de la Nouvelle-France. En effet, durant les années de guerre, manquant de liquidités, la monnaie de carte, les ordonnances et les lettres de changes ont été utilisées pour payer les besoins divers de la société coloniale. Dans la décennie qui a suivi la perte de la Nouvelle-France, la couronne française va chercher à liquider les dettes engagées par l'utilisation de cette monnaie et à les rembourser.


La monnaie de carte, était émise par les autorités administratives de la colonie (principalement l'intendant) avec la permission du roi afin de pallier le manque de monnaie sonnante et trébuchante dans la colonie canadienne. Elles étaient un ''en attendant'' d'avoir l'équivalent physique de monnaie et étaient destinées à être brûlées lorsqu'échangées pour de ''la vraie argent''. Au début, elles étaient inscrites sur des cartes à jouer. En 1674, Jacques Meulles est l'initiateur de l'utilisation de la monnaie de carte dans la colonie du Canada.




Reproduction d'une monnaie de carte de 1714


Par la suite, les cartes à jouer ont été remplacées par des bouts de carton blancs. La monnaie de carte avait souvent de petites valeurs comme 7 sols et 15 deniers, ou 15 ou 30 sols. Elles pouvaient aussi avoir une valeur un peu plus grande comme 3, 6, 12 ou 24 livres.


Monnaie de carte, 1749

Les ordonnances semblent être apparues un peu plus tardivement. Elles étaient produites à l'imprimerie Royale à Paris, numérotées et signées par l'intendant en place. Les ordonnances sont associées à des montants plus importants variant de 20 sols à 1000 livres. L'ordonnance est un engagement de l'intendant dans lequel il promet rembourser la somme qu'il a inscrite sur le papier de l'ordonnance avant une date déterminée. 

Les ordonnances et la monnaie de carte circulent librement dans la colonie et sont utilisées majoritairement comme monnaie courante, considérant la rareté continuelle de pièces de monnaie dans la colonie.

Un troisième type de papier de monnaie s'appelle les lettres de changes. Elles sont produites par les trésoriers généraux. Ce type de papier monnaie était également utilisé sur le continent européen, contrairement aux ordonnances et aux monnaies de carte. Au Canada, au début d'octobre, les canadiens allaient voir le trésorier afin d'échanger leurs monnaies de carte et ordonnances en lettres de change.

À gauche: ordonnance de 1753; À droite lettre de change de 1759


Tout ceci pour mieux comprendre l'ampleur des avoirs des perruquiers à la fin de la guerre de Sept Ans. Voici la liste des perruquiers, leurs noms, leur lieu de pratique et les sommes demandées en remboursement de leur monnaie de papiers durant cette période de transition.


Montréal 

Tison, perruquier, Montréal, 2004 livres en ordonnances et 578 livres en lettres de change Eustache Parant, perruquier, Montréal, 1164 livres en ordonnances 
Toussaint Rebou père, perruquier, Montréal, 805 livres en ordonnances 
Michel Rebou fils, perruquier, Montréal, 803 livres 10 sols en ordonnances 
Joseph Pampalon, perruquier, Montréal, 593 livres 10 sols en ordonnances 
Pinguet, perruquier, Montréal, 210 livres en ordonnances 
Pierre Compain, perruquier, Montréal, 3333 livres en ordonnances 
Saint-Jean, perruquier, Montréal, 2125 livres 10 sols en ordonnances 
Laviolette, perruquier, Montréal, 3436 livres en ordonnances 
Larche, perruquier, Montréal, 4299 livres en ordonnances

Boucherville
Charles Carpentier, perruquier, Boucherville, 380 livres en ordonnances

Québec

Pierre Onel, perruquier de Québec, pour son frère Onel, absent de la colonie, la somme de (24 livres en monnaie de cartes et 852 livres 10 sols en ordonnances) appartenant à ce dernier, 9 avril 1764
Jean-Baptiste Derouvray, perruquier de Québec, 3000 livres en letttres de change, 1230 livres en ordonnances, 5 mai 1764

Ce qui est étonnant à mon avis, c'est de voir que la majorité des perruquiers exerçaient à Montréal alors que la capitale de la colonie du Canada est Québec. Présentement, je suis incapable d'expliquer cette différence de répartition. Peut-être que Montréal, étant le centre de la traite des fourrures, était plus propice à avoir des barbes à raser et des cheveux à tailler vu la quantité d'hommes de passage en direction ou en provenance des Pays d'en Haut que Québec. Peut-être que quelqu'un d'autre pourra expliquer cette dispersion mieux que je ne le puis.


Pour cet article, j'aimerais remercier publiquement la générosité de Sophie Imbeault pour le partage de ses connaissances sur les papiers du Canada. Pour de plus amples détails sur la monnaie de papier dans la colonie, lire son article: 
La dette de la France: les papiers du Canada. Une meilleure description des différents papiers de monnaie disponibles en Nouvelle-France se retrouve dans le livre: 1763. Le traité de Paris bouleverse l'Amérique.


J'espère que vous aurez apprécié cet article,


Mlle Canadienne

lundi 8 octobre 2018

The challenges to find quality fabrics for reproduction

Hello

This is a long title. I want to share my thinking and compromises essential when trying to do reproductions of historical clothing. To more explain myself I will talk about the difference of quality between actual ressources and the one of the 18th century.

I did a point by point to stay focus on the topic.



1- Fiber origins

This is the first thing that I look. Fabric must be 100% natural and come from fibers that where available in the 18th century. I so no to synthetic fibers.

To avoid absolutely:

Polyester, vinyle, acetate and artificials fibers. they might have other names, I do not know them all. Historical costume is made of many layers. Artificial fibers might be cheap but it does not breathe. Greenhouse effect happens when wearing only one layer of artificial fibers, so 3-4 layers made people suffocate. Moreover, these fibers look often cheap, even with an historically accurate pattern. Using artificial fibers contributes to the spreaded opinion that clothing were really hot in older time for the public and people wearing it.

OK but not historical:

I mean artificial natural fibers. Bamboo and viscose are example. The fibers are natural but the process to made it into thread is chemical. Since the technologie were not available at the time, they are not historical but they breathe. So they can be a compromise.


Historical fibers:

They are natural. The choice will depend of the character you want to interpret. Wool, linen and hemp for working classes silk and cotton for healthy people. When I choose fabric I am wary about mixed fabric. For example, I won't choose a blend of silk and cotton voile for a neckerchief because I do not know if mixed fibers was a thing and if it was blended in the same way of hte fabric I have in my hands.

Isolants en laines animales - Laine de mouton
                                            Wool of sheep
2- Weaving

I will not go into too much technical details. It is the way of the thread are crossing to change the apparence of clothing.

Vocabulary is wide today and then. Knowing what is what is a real challenge. The challenge of associate the historical name and the modern one is a challenge that I have not finish and that I may never finish.

Knit, voile, taffeta, velvet, damask, brocade, serge... All these words describe a different way to assemble threads together to make fabric.

For example, a knit of cotton will be good for stocking but never for a shift.

Silk knitted stocking, satin silk garter, linen petticoat

3- Quality of thread

Today's natural fabrics, I think about linen and silk, have more often ''defaults'' in the threads, like little bumps. The best example that I have in mind is silk dupionni but it is found often in modern linen caneva (I'm not sure about that name fabric)



European 100% Linen Cream

Dupioni Silk Fabric Iridescent Bittersweet


This bumps are because the way of thinking did change. Mercantilism of the 18th century had been changed by industrial capitalism. A special thank to Cathrin Davis who still help me to make the differentiation.

18th century, natural fibers were more selected to make diverses quality of product but generally superior of todays. That process reduces the bumps finding into the fabric. Those bumps in fabrics where considered of bad quality. Mercantilism assured products of quality and by paying crafters adequately in fonction of the products made.

Today to save on money industrials try to use all the material of the fiber. That reduce the quality of thread and then the fabric. Another way to reduce cost is replace crafters by machines. The result of it is that there is more bumps in the fabric. Finding a linen fabric today that does not have these bumps is today something really hard, almost impossible, but is was easy in the 18th century. So, even if it is hard to believe, fabric quality of natural fabrics is way cheaper today then it was in the 18th century. Planned obsolescence of everyday objects is for something. In other words, objects today are made to be thrown after a determined period of time. So we can buy new one.

Dupionnis now... If today silk dupionni is aesthetic, it wasn't in the 18th century. People that would have been able to buy silk would have refuse those bumps on silk. Why buy an expensive fiber if it looks rustic and neglected?

There is an exemple shown in a German Museum of a 18th century clothing made with this type of silk. For the hundreds of others silk clothing from that period that survived until now and shown in painting, may I  underline that it is an exception.



Credit photo: Freya Hourani

4- Density of thread by square centimeter

There is may be a more specific term for that. Again, linen fabric are today weave more loosely than in the 18th century. It's possible to find some that the weave is as tight as in the 18th century but it is really hard to find and when found it is really expensive. (60$ by meter for a shift that will be covered, it hurts the wallet)

Density and quality of thread will give the weigh to the fabric.



5- Fabric design

It applies to all fabric that are not plain. This point is so wide to explain that it could have it's own article.

5.1- Stripes

18th century stripes are only made by changing the color thread during the weaving process. They were never printed. I don't know exactly when technology made it print so affordable to be able to print stripe. Stripes has to be uniform, or symmetrical and not random.

IL044 716    - 100% Linen - Middle (5.31 oz/yd<sup>2</sup>)


5.2- Patterns

Patterns are easy way to make mistakes. To begin the reflexion about fabric design I highly suggest this  article of couturière parisienne.

5.2.1- Brocades et Damas

The pattern is made by the way the threads are weaved.


An example of Silk damas ici.


5.2.2- Embroidery

Do I really need a definition here? In doubts, embroidery is a technic where stitches recovers a piece of fabrics to make a pattern.


Embroidered waistcoat made in India, probably for the European market, mid-18th century.


5.2.3- The ''indiennes''

In the beginning, that word in french designed toiles of cotton painted and not painted. The painted ones were painted by brush or block prints. Later it was only use for the printed fabric.

The ''indiennes'' are mostly in flowers in an peticular pattern. And the patterns evolved during the 17th and 18th century.

There is a lot still to discover about ''indiennes'' according to me. They were offcially banned of the France country until Louis XIV. So it was smuggling material. Despite of that there is traces of those fabrics in France and New France in inventories.
Hat-brim lining
Victoria and Albert Museum

For french speaker that would have lost themself on that article and not on the french one, this article is about ''indienne''s in France in the 18th century.

If you are in Québec near Montréal, there is an interactive and interesting exposition in Fort Chambly about smugglers. They talk a little about ''indiennes''.




So I'm not very legal for the period for wearing an indienne dress!





There is the an overview of the questions I'm asking myself before buying a fabric for confection. It's a  a beautiful problem to want to represent adequately the century of Enlightenments.


Mlle Canadienne




P.S. In french, an interesting article about technical aspect of  fabric: http://100associes.free.fr/Expo4/ExpoTemp4.html



samedi 6 octobre 2018

Les difficultés rencontrées lors de la sélection des tissus en vue d'une reproduction

Bonjour,

Ouf! Voilà un titre bien long! En fait, je veux partager ma démarche et les compromis malheureusement nécessaires dans une démarche d'authenticité lors de la reproduction de costumes. Pour mieux expliquer mon propos, je devrais parler des différences de qualités entre les ressources actuelles et celles de l'époque.

Allons-y point par point, je risque de moins m'égarer sur le sujet.

1- L'origine de la fibre

C'est vraiment le premier point que je regarde. Le tissu doit être 100% naturel et venir de fibres disponibles à l'époque. Exit le polyester, le synthétique et même la viscose ou le bambou.

À éviter absolument:

Le polyester, le vinyle, l'acétate et fibres artificielles, je ne les connais pas toutes par leur nom. Le costume historique, vous le savez surement, est composé de multiples épaisseurs de tissus. Malheureusement, bien que très abordables, ces fibres ne respirent pas. Une simple épaisseur de ces tissus donne l'impression d'être enfermé dans une micro-serre, alors 3-4 couches c'est assez pour suffoquer. De plus, ces fibres ont souvent un aspect bas de gamme, même si le patron utilisé est historiquement adéquat. L'utilisation de fibres artificielles contribue à donner l'impression que les vêtements de l'époque ''étaient vraiment plus chauds'' pour le public et les personnes qui les portent.

Passable mais non-historique:

Les tissus de fibres synthétiques naturelles. Le bambou et la viscose sont des exemples de ces fibres. Les fibres sont naturelles mais le procédé qui a été utilisé pour les filer a requis des produits chimiques. La texture du tissu est donc altérée par le processus chimique. Ces tissus respirent, donc peuvent être un compromis.

Fibres historiques:

Les fibres naturelles. Leurs origines varieront tout dépendant du personnage que vous voulez interpréter. Laine, lin et chanvre pour les classes sociales ouvrières, soie et coton pour les classes les plus aisées.  Pour mes créations, je me méfie des compositions mixtes de fibres, par exemple un voile de coton et soie pour un mouchoir de cou, parce que je ne sais pas si à l'époque on aurait osé mélanger les fibres et si oui comment ils l'auraient fait à l'époque et comment cela a été fait pour le tissu que j'ai entre les mains.

Isolants en laines animales - Laine de mouton
Laine de mouton
2- Le tissé du tissu

Sans entrer dans les détails trop techniques, la manière dont les fibres se croisent changeront l'apparence du tissu.

Le vocabulaire des différents types de tissus est vaste et il varie selon l'époque. Ce point est vraiment un défi lorsqu'on commence à s'intéresser à l'art textile. Trouver les équivalent moderne aux termes de l'époque est en soi un défi que je n'ai pas terminé, et que je ne terminerai peut-être jamais.

Tricot, voile, taffetas, toile, serge, organza, velours, droguet, brocard.... Tous ces mots désignent une manière différente d'assembler des fils ensemble pour former des tissus.

Par exemple, un tricot de coton est acceptable pour des bas mais ne le sera aucunement pour une chemise.
Bas en tricot de soie, jarretière en satin de soie, jupon de toile de lin...

3- La qualité du fil

Malheureusement, lorsqu'on magasine des fibres naturelles aujourd'hui, plus souvent avec le lin et la soie, on se retrouve avec des tissus qui ont des ''défauts'' dans le fil, sorte de petites boursouffles qui arrivent ça et là dans le tissu. Le meilleur exemple que je puisse donner les le dupionnis moderne, mais on retrouve très souvent ce défaut dans les toiles de lins modernes.

European 100% Linen Cream

Dupioni Silk Fabric Iridescent Bittersweet


Ces boursouffles arrivent parce que le capitalisme industriel a pris le pas sur le mercantilisme dominant au dix-huitième siècle. (Au passage, merci à Cathrine Davis pour la différentiation)

Au dix-huitième siècle, durant une période de mercantilisme, les fibres naturelles étaient plus triées qu'aujourd'hui afin d'obtenir un produit de qualités diverses mais généralement supérieures. Ce qui réduisait beaucoup la présence de boursouffles dans les tissus de lins. En fait les tissus présentant ces défauts étaient considérés de mauvaise qualité. Le mercantilisme assure des produits de qualités en rémunérant adéquatement les artisans en fonction des produits qu'ils fournissent.

Aujourd'hui, durant l'apogée du capitalisme, les industriels utilise tout le matériel de fibre disponible au détriment de la qualité du fil et du tissu. Cela permet de réduire les coûts sur l'achat de matériel. Une autre réduction de coût se fait via l'utilisation de machines au détriment de la main d'oeuvre. Le résultat est un tissu présentant des boursouffles. Trouver un tissé de lin ne présentant pas ces boursouffles est aujourd'hui quelque chose de très difficile alors que cela était aisé au 18ième siècle.
Par conséquent, et étrangement pour plusieurs, la qualité des tissus d'aujourd'hui est bien inférieure à celle de cette époque. L'obsolescence rapide des objets qui nous entoure y est aussi pour quelque chose. C'est à dire les objets du vingt-et-unième siècles sont créés pour être jeté rapidement (pour se procurer de nouveaux produits puisque les anciens sont dépassés)

Pour en revenir au Dupionni, si aujourd'hui ces petites boursouffles sont considérées comme esthétiques sur la soie Dupionni, elles auraient été globalement boudées par les gens capable de se l'offrir au dix-huitième siècle. Pourquoi acheter une fibre si dispendieuse si son apparence est rustique et négligée?

En fait, il existe un exemplaire exposé dans un musée allemand d'un vêtement 18ième siècle fait avec ce type de soie. Pour la centaine d'autres vêtements de soie sans boursouffles de cette époque qui nous est parvenu en portrait et en artéfacts, je souligne qu'il s'agit d'une exception.

Crédit photo: Freya Hourani

4- La densité de fils par centimètre carré

Il y a peut-être un terme plus exact pour cela. Lors du tissage, les fils peuvent  être plus ou moins serrés les uns contre les autres. Surtout pour les tissus de lins, encore, les tissus disponibles actuellement sont tissé moins serrés que ce qu'on peut trouver dans les originaux. Il est possible d'en trouver, mais après des heures de recherches auprès de fournisseurs et contacts, et souvent hors de prix (60$/m pour une chemise qui est majoritairement recouverte... Ça peut faire mal au portefeuille)

La densité et la qualité du fil ensemble vont donner le poids du tissu choisi.

5- Le design du tissu

S'applique à tous les tissus qui ne sont pas uni. Ce point mériterait un article à lui tout seul tellement il est difficile de le résumer.

5.1- Les rayures

Elles sont uniquement faites par le changement de la couleur des fils du tissu au dix-huitième siècle. Je ne sais pas à quel moment exactement cela a changé mais il était impensable de les imprimer. Elles doivent être uniformes ou symétriques et non aléatoires.

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5.2- Les motifs

À moins de faire une recherche vraiment approfondi, les motifs sont à éviter car les erreurs sont vraiment faciles à faire. Pour débuter votre recherche ou réflexion, je vous propose cet article de la couturière parisienne. (En anglais, désolé)

5.2.1- Les brocards et Damas

Ce sont des tissus dont le motif est lié à la manière dont les fils se croisent.


Un exemple de Soie damassée ici.


5.2.2- Les broderies

Est-ce qu'une définition pour la broderie est vraiment nécessaire? Dans le doute, la broderie est une technique par laquelle des points de couture recouvre une pièce de tissu et forme un motif.

Embroidered waistcoat made in India, probably for the European market, mid-18th century.


5.2.3- Les indiennes

Les indiennes sont des toiles peintes, au pinceau ou avec des blocs de bois. Au départ, elles étaient importées des Indes, d'où leur nom. Elles sont majoritairement faite de cotton. Au départ, les indiennes englobaient aussi les toiles de cotton non-peinte mais le terme a fini par ne désigner que celles peintes.

Les indiennes représentent majoritairement des fleurs dans un style artistique particulier. Leurs motifs ont évolué au cours des 17ième et 18ième siècles.

Il y a encore beaucoup à découvrir sur les indiennes à mon avis. Légalement, elles étaient bannies du Royaume de France depuis Louis XIV. Elles étaient donc officiellement de la marchandise de contrebande. Malgré tout, il possible d'en retrouver des traces même en Nouvelle-France dans les inventaires.
Hat-brim lining
Victoria and Albert Museum

Pour en savoir plus, cet article parle de la réalité des indiennes en France au dix-huitième siècle.
Pour ceux qui sont au Québec, l'exposition interactive du fort Chambly sur la contrebande est très intéressante, on y parle un peu d'indiennes.




Donc oui, je contreviens à la loi avec ma robe en indienne!





Alors voilà un aperçu des questions que je me pose avant d'acheter un tissu pour une confection. C'est un beau problème que de vouloir représenté adéquatement ce siècle des lumières.


Mlle Canadienne




P.S. Pour plus de détails techniques à propos des tissus des 17ième et 18ième siècle, je recommande vivement ce site : http://100associes.free.fr/Expo4/ExpoTemp4.html




mardi 21 août 2018

What can you do as a french wig maker in the 18th century

Hello,

As I wrote before, I worked on the 18th century man hairstyle. Mostly the thigs I looked for were in french so I do not know how to translate it in English. Let's just says that, in french, the modern verb to give an hairstyle :''coiffer'' differs from the 18th century verb to give an hairstyle: ''Accomoder''. Since I do not want to do linguistic I will not go more deep in the distinction.

So '' Coiffeurs'' are the professionals who modernly in french does the haircut to everybody, the sources I went through look like they were exclusively for woman in the 18th century.

The question is: where would go a 18th century man to have an haircut if not to a ''coiffeur'' (hairdresser)? The answer is weird according to 21st century me: the ''perruquier'' (wig maker).




In fact, ''l'art du perruquier'' of Garsault, published in 1767, it informs about what I would call the rights of practice of the '' barbier-perruquier-baigneur-étuviste'' (Barber-wig maker-bath giver)


  1. The wig maker have the right to buy and sell human hair in big or small quantities. That is easily to guess.
  2. The wig maker have the right to make and sell powders and pomatums for head and face hygiene. But te author, Gasault, noted that most wig maker let that right to perfumers. 
  3. The wig maker has the right to shave beard. He shared that right with the surgeon (commonly called ''barbier-chirurgien'', as I would translate as barder-surgeon). To help customers to distinguish one from the other, the law obligated the barber-surgeon to have his boutique face painted in black or red and to have on their poster some yellow copper basins. On the other hand, barber-wig maker can paint the front of his boutique every color he wants except from black or red and his poster has to show white basins. 
  4. The wig maker can cut the hair. The verb in modern french (couper les cheveux)differs from the one used by the originals sources in french (faire les cheveux).
  5. The wig maker have the right to make Wigs. What a surprise! The goal of the wig maker is to mimic the nature's beauty. You can see that nature can have very diverse forms...
    .
  6. The wig maker can have baths in his shop. It seems that the few that decided to do that were not giving the others rights of the wig maker. I, his  ''Art du perruquier'' Garsault wrote: 
''les bains et étuves, autre appanage du perruquier, ont une origine bien différente des autres parties dont on vient de parler; car ils sont de toute antiquité, principalement dans les pays chauds où ils sont journaliers; dans le nôtre, on n'en use que de temps en temps, surtout en été; je ne parle que des bains de propreté: d'ailleurs les bains sont d'un grand secours en Médecine, alors ils se divisent en différentes espèces, demi-bain, bain froid, bain chaud, bain d'immersion, etc.''


So I will translate the important part I want to share. ''In hot countries, bath were taken every day. In our country (France), we use baths in time to time, especially in summer; and I'm just talking about cleaning bath... After he talks about the different bath used by medicine...'' It looks to me like a historical deposit against the myth of unclean ancestors. For me take a bath time to time is way more that the myth of one bath a year or less. But that point will be for another article.

I hope you would like this little translation to the world of french Wig Maker!

Mlle Canadienne

jeudi 16 août 2018

Les droits de pratiques du perruquier

Bonjour,

Comme je l'ai déjà écrit, j'ai travaillé sur le métier de perruquier du siècle des lumières en explorant les coiffures masculines du 18ième siècle. Bon, pour commencer, la première chose qui saute aux yeux lorsqu'on se penche sur le sujet c'est qu'à l'époque, le verbe coiffer a trait à quelque chose qu'on dépose sur la tête, comme une coiffe, un bonnet ou un chapeau, ou à l'arrangement des cheveux d'une dame. Pour l'arrangement des cheveux d'un homme ou même d'une poupée, on parlera d'accomodage.

Les coiffeurs semblent n'être dédiés qu'aux femmes dans les dictionnaires et les sources que j'ai rencontré jusqu'à présent. Le seul document où j'ai vu les mots coiffeurs pour homme est dans un pamphlet que j'ai survolé s'intitulant: ''Les Coeffeurs de dames contre ceux des messieurs'' paru en 1769.  Il semble qu'à cette période, l'état cherche à regrouper les coiffeurs de dames dans la corporation (je ne connais pas la nomenclature légale exacte de l'époque peut-être est-ce plus guilde) des barbiers-perruquiers-baigneurs-étuvistes. Le pamphlet explique, en rime, pourquoi les coiffeurs de dames refusent cette fusion légale. Hormis dans ce titre, je n'ai pas vu autre allusion au métier de coiffeur pour homme ni dans ce pamphlet, ni dans un autre document.

Mais où ira un homme avec une longue chevelure naturelle pour se faire couper les cheveux, si ce n'est chez le coiffeur? La réponse me parait étrange aujourd'hui: chez le perruquier.


En fait, l'art du perruquier de Garsault, paru en 1767 nous informe, entre autres, sur ce que j'appellerais les droits de pratiques du barbier-perruquier-baigneur-étuviste.


  1. Le perruquier a le droit d'acheter et vendre des cheveux en gros ou en détails. Pour ce point, on l'aurait facilement deviné.
  2.  Le perruquier a le droit de faire et vendre poudre et pommades pour l'hygiène du visage et de la tête. Par contre Garsault note que la plupart des perruquier laissent ce droit aux parfumeurs.
  3. Le perruquier a le droit de faire la barbe. Droit qu'il partage avec un métier mieux connu qui a ce droit: le barbier-chirurgien. Afin de mieux les distinguer, l'extérieur de la boutique du barbier-chirurgien doit obligatoirement être noire ou rouge et son affiche doit montrer des bassins de cuivre jaune. Le perruquier, quant à lui, doit peindre l'extérieur de sa boutique toute autre couleur de son choix, excepté le rouge et le noir, et son affiche doit montrer des bassins d'étain, qui sont de couleur blanche.
  4. Le perruquier a le droit de faire les cheveux, c'est-à-dire les couper.
5. Le perruquier a le droit de fabriquer des perruques. Cela je crois vous l'aviez deviné. Le but des perruques est d'imiter la belle nature.  La nature peut avoir des formes diverses.




6. Le perruquier a le droit de tenir bains et étuves. Dans les faits, bien peu se dotent de bains et ceux qui le font semblent délaisser tous leurs autres droits. Dans l'Art du Perruquier, Garsault écrit: 
''les bains et étuves, autre appanage du perruquier, ont une origine bien différente des autres parties dont on vient de parler; car ils sont de toute antiquité, principalement dans les pays chauds où ils sont journaliers; dans le nôtre, on n'en use que de temps en temps, surtout en été; je ne parle que des bains de propreté: d'ailleurs les bains sont d'un grand secours en Médecine, alors ils se divisent en différentes espèces, demi-bain, bain froid, bain chaud, bain d'immersion, etc.''


Il semble que Garsault fait ici un petit plaidoyer en faveur de mesures d'hygiène plus importante que ce que les mythes veulent nous faire croire. Pour ma part, prendre un bain de propreté de temps en temps, surtout en été est beaucoup plus que le mythe véhiculé de ne prendre qu'un bain par année... Mais ce débat sera pour une autre fois.

J'espère que vous aurez apprécié ce petit résumé des pratiques du perruquier.

Mlle Canadienne

lundi 13 août 2018

French conference about 18th century man hair and hairstyle

Hello,

I gave a conference about men hair and hairstyle of the mid-18th century with the historian Michel Thévenin the August 11th. It was during the Rendez-vous d'histoire of Québec.

In just 30 minutes, we presented the actual movie representation of this period, the definition and the rights of practices of french wigmakers, a brief historic of this profession and a live demonstration for 2 hairstyles. It was a challenge for us to tell everything we wanted to tell.

More informations about wigmakers will come with later articles on this blog.

Also, here is some pictures of the conference. A special thanks to Joseph Gagné for these pictures!

 Crédit photo: Joseph Gagné
  Crédit photo: Joseph Gagné
  Crédit photo: Joseph Gagné
 Crédit photo: Joseph Gagné


I hope that people that came to see our conference were happy about it.

Mlle Canadienne

Coiffure, cheveux et cie: la mode capillaire au milieu du XVIIIième siècle

Bonjour,

Le 11 août dernier, j'ai donné une conférence sur l'apparence capillaire des hommes au milieu du 18ième siècle avec Michel Thévenin, historien dans le cadre des Rendez-vous d'histoire de Québec.

En trente minutes, top chrono, nous avons eu le temps de présenter la vision moderne de cette époque, la définition des droits de pratique du perruquier, un bref historique de ce métier et une démonstration en direct de 2 types d'accomodage. Ce fut un défi pour nous!

Plus d'information viendra avec d'autres billets.

Aussi voici quelques photos de ce moment. Merci à Joseph Gagné pour les photos!

 Crédit photo: Joseph Gagné
  Crédit photo: Joseph Gagné
  Crédit photo: Joseph Gagné
 Crédit photo: Joseph Gagné


J'espère que les gens présents auront été contents de notre présentation.

Mlle Canadienne

samedi 14 juillet 2018

Quelles nouvelles?

Bonjour,

Il y a longtemps que je n'ai pas donné de nouvelles. J'ai entamé un immense projet de couture que je caressais depuis longtemps: faire ma propre robe à la française. Je suis encore sur le projet mais des photos devraient arriver sous peu. Tout ce que je me permets de dire c'est que je suis encore tombée sous le charme d'une indienne...

Aussi je me suis laissée convaincre de participer à une conférence-animation portant sur la coiffure masculine du milieu du 18ième siècle avec l'historien Michel Thévenin.  Je serais en charge de la partie animation. Cette conférence aura lieu durant les Rendez-vous d'Histoires de Québec des 10-11-12 août 2018 à l'Ilot des Palais.


Pour plus d'informations: https://rendezvoushistoirequebec.com/programmation/samedi-11-aout/



Alors voilà, je retourne à mes projets.

Bonne journée,

Mlle Canadienne


dimanche 7 janvier 2018

The french equivalent of the market wallet

Hello,

Since it's super easy to have information about English uses of Market Wallet, in French I didn't know how to name it in my first language. The first proof of French using Market Wallet was this painting L'homme à la besace, of Françoise Duparc.
For higher resolution  click here, link to the Marseille museum.


L'homme à la besace (1760?)
Françoise Duparc (1728-1778)
Exposed at Musée des Beaux-Arts de Marseille



So was a besace the same thing of the market wallet? Or just a generic name for all types of bags?

Again Internet was full of information of American or English Market Wallet but I was desperated to find French sources, since I want to document New-France pieces of clothing and accessories.


One day I felt lucky to find this French market wallet on this painting of Carmontelle.



Le garde blés de Villers-Cotterets,
Louis Carrogis dit Carmontelle
Exposed at Musée Condé in Chantilly

So no name used but a visual confirmation that market wallet were used by French too for the same period. 


The name confirmation I was waiting for came unsuspectedly from the La Fontaine Fables I had as a gift this fall. The Fable is named ''La besace''. At the end of this little story, the writer describe the besace as having a pocket in front for defaults of everybody else and a pocket in the back for our own defaults.  This description is exactly a market wallet so the french name is besace!!!

Here the original sentences of Jean de La Fontaine

''On se voit d'un autre œil qu'on ne voit son prochain.
 
Le Fabricateur souverain
Nous créa Besaciers* tous de même manière,
Tant ceux du temps passé que du temps d'aujourd'hui :
Il fit pour nos défauts la poche de derrière,
Et celle de devant pour les défauts d'autrui.''

*Besaciers: besace bearer




My friend Cathrine Davis,
in 1750's Canadienne,
with her besace.
Credit photo: Joseph Gagné


You might think that I should have ask my historians friends to look for me in a historical dictionary the word besace but it would have been less surprising. Maybe it will be the next step!


Mlle Canadienne

La besace

Bonjour,

Aujourd'hui j'aimerais vous parler d'une démarche particulière que j'ai eu avec cet objet que je nomme la besace.

L'interrogation est venue de ce tableau:  L'homme à la besace, de Françoise Duparc.
Pour une meilleure résolution cliquez sur le lien du musée de Marseille, ici.


L'homme à la besace (1760?)
Françoise Duparc (1728-1778)
Exposé au Musée des Beaux-Arts de Marseille



La question que je me suis posée est la suivante: qu'est-ce qu'une besace? N'est-ce que ce type de sac en particulier ou cela nomme-t-il tout type de sac confondu?

Une petite recherche internet m'a informé sur l'équivalent anglophone de ce sac, le ''market wallet'' et des multiples ''reenactors'' qui l'avaient reproduit, mais aucune trace francophone... Mon but étant de documenter les vêtements et accessoires disponibles en Nouvelle-France, je me fie surtout aux sources de France. Et celles-ci se faisaient rares.


Encore par hasard, je tombe sur un autre homme à la besace, cette fois-ci de Carmontelle.

Le garde blés de Villers-Cotterets,
Louis Carrogis dit Carmontelle
Exposé au Musée Condé à Chantilly

Point de nom ici mais une confirmation, si je puis dire, que cet objet est bien utilisé en France puisque montré dans au moins deux différents tableaux de deux artistes différents. Peut-être que je me contente de peu de diversités de sources pour me confirmer l'utilisation de ce type de sac...

Une troisième confirmation m'est apparue par pur hasard suite à la lectures du livre des Fables de La Fontaine qu'on m'a offert dernièrement. La fable en question se nomme La besace, justement.  À la fin de cette fable, Monsieur de La Fontaine décrit habilement ce qu'est une besace:

''On se voit d'un autre œil qu'on ne voit son prochain.
 
Le Fabricateur souverain
Nous créa Besaciers* tous de même manière,
Tant ceux du temps passé que du temps d'aujourd'hui :
Il fit pour nos défauts la poche de derrière,
Et celle de devant pour les défauts d'autrui.''

*Besaciers: C'est-à-dire porteur de besace


Considérant que Monsieur de La Fontaine a vécu et écrit ses fables quelques décennies avant la parution des deux portraits présentés plus hauts, je peux maintenant affirmer sans trop craindre de me tromper que ce genre de poche se nomme une besace.


Mon amie Cathrine Davis,
représentant une Canadienne,
chargée de sa besace.
Crédit photo: Joseph Gagné


Voilà, je voulais partager ma relation particulière avec le mot d'autrefois qu'est la besace. Peut-être aurait-il été plus facile de chercher dans un dictionnaire historique par l'intermédiaire de mes amis historiens mais le chemin parcouru aurait été moins surprenant!


Mlle Canadienne


samedi 5 août 2017

Les rendez-vous avec l'histoire de la Nouvelle-France

Bonjour,

Cela fait longtemps que je n'ai pas utilisé le clavier. Je m'intéresse toujours à la reproduction de costume et à l'histoire de la Nouvelle-France en général.

D'ailleurs, j'écris ce billet pour inviter mes lecteurs, si d'aventures il me reste quelques lecteurs, à assister aux conférences données lors de cet évènement qui a lieu la fin de semaine prochaine: Les rendez-vous avec l'histoire de la Nouvelle-France.  Cet évènement a été monté par l'historienne et conférencière Catherine Ferland, co-auteure du livre sur l'histoire de la Corriveau.

Oui cet évènement a lieu en même temps que les Fêtes de la Nouvelle-France et il a pour lieu de promouvoir et de partager l'histoire de la Nouvelle-France et non de se servir de cette période d'histoire comme prétexte à des amusements théâtraux publics. Mais n'ayez crainte les conférences ont lieu à des heures différentes de celles des Fêtes de la Nouvelle-France pour que les gens assoiffés de connaissance puisse puiser du meilleur des deux monde.


Pour moi les Fêtes de la Nouvelle-France ont toujours été un beau prétexte pour porter mes reproductions de vêtements de cette période. Et j'y serais encore, cette année du moins.

Journée de printemps devant la tour Martello
Crédit photo: Cathrine Davis


Et si vous vous posez la question, je ne suis pas la demoiselle présentant les vêtures des femme en 1750.

Bonne journée,

Mlle Canadienne

4-Ceintures fléchées: l'utilisation de laine européenne par les Premiers Peuples de l'Amérique du Nord

 Bonjour! Voici la suite à propos des sources autochtones, ici référant exclusivement de l'utilisation de laine colorée européenne par l...